CHRETIENS

QUEL REGARD PORTER SUR L’ISLAM ?

 

Par Jean de Samance (Que celui qui est intelligent comprenne)

 

 

Ce texte qui vous est transmis par cette voie (fichier, papier ou autre encore) l’est fait à titre totalement gracieux, car de même que nous avons reçu gratuitement, nous nous devons de donner gratuitement. Il est libre de tout droit : vous êtes libre(s) de le diffuser à qui vous voulez, peu importe la quantité sous quelque forme que ce soit, en quelque langue que ce soit car si l’original est en français, il serait heureux qu’il soit traduit dans toutes les langues du monde.

 

La seule obligation si vous le copiez, traduisez, si vous en faites des cassettes audio pour non-voyants… est de mentionner son auteur (Jean de Samance), de le transmettre gratuitement également, et de faire figurer cet avis dans la copie afin que ces règles, respect de la gratuité et de l’auteur soient toujours respectées. Ceux qui, désirant procéder à une diffusion massive, engageraient des fonds importants à cette fin pourront appeler à une participation aux frais mais celle-ci ne sera en rien obligatoire.

 

Que le Seigneur Tout-Puissant, Dieu des Patriarches, Dieu d’Israël, Dieu des Prophètes, Dieu des Apôtres,  Dieu des Martyrs vous bénisse. Que le Christ soit pour vous le chemin vers la Vie Eternelle. Que l’Esprit- Saint vous guide vers la connaissance et la sagesse, fortifie votre foi et vous fasse porter du fruit. AMEN.

 

 

Vous pouvez correspondre avec l’auteur à l’adresse mail suivante : (l’Ordre de Saint Etienne disposant en son sein de personne connaissant diverses langues ; vous pouvez donc nous écrire dans toutes les idiomes du monde ou presque, nous vous répondrons).

 

ordre_de_saint_etienne@yahoo.fr

 

 

TABLE DES MATIERES

 

TABLE DES MATIERES.. 2

QU'EST-CE QUE L'ISLAM?. 4

EN QUOI CROYONS-NOUS?. 6

MUHAMMAD, PROPHETE DE LA BIBLE?. 11

LA BIBLE EST-ELLE FIABLE?. 15

LA BIBLE, PAROLE DE DIEU.. 19

JESUS, MESSIE ET FILS DE DIEU.. 23

MUHAMMAD, UN PROPHETE DE L'ETERNEL MALGRE TOUT?. 28

LE CORAN, LIVRE DE DIEU?. 30

QUELLE ATTITUDE ADOPTER FACE A L'ISLAM?. 35

GLOSSAIRE. 36

BIBLIOGRAPHIE. 37

« Tenez donc ferme : ayez à vos reins la vérité pour ceinture; revêtez la cuirasse de la justice; mettez pour chaussures à vos pieds les bonnes dispositions que donne l'Evangile de paix; prenez, en toutes circonstances, le bouclier de la foi, avec lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du Malin; prenez aussi le casque de l'Esprit, qui est la Parole de Dieu »(Ephésiens 6:13-17)

 

 

 

QU'EST-CE QUE L'ISLAM?

 

 

Ce livre s'adresse avant tout au Chrétien. Celui-ci, même s'il a certainement déjà entendu mentionner l'Islam, ne possède pas forcément de renseignements précis sur cette religion. Très  logiquement, une définition s'impose. Elle sera volontairement brève et comportant certainement des lacunes, le but n'étant naturellement point de fournir une réponse encyclopédique en cinq tomes et sept conférences. J'espère toutefois que le lecteur aura ainsi à sa disposition le bagage minimal indispensable pour s'orienter dans la suite du texte.

 

Le mot Islam trouve son origine dans le verbe arabe aslama qui signifie s'abandonner (sous-entendu à Dieu). Ceci justifie la traduction du mot Islam par soumission à Dieu ou encore abandon à la volonté de Dieu. Cette même racine est présente dans le mot musulman. Cette première approche, sur la base de l'étymologie, ne nous éclaire que très peu sur la doctrine islamique et ne nous permet guère de distinguer l'Islam des autres cultes. En effet, quelle religion ne contient-elle pas l'idée d'une soumission à Dieu?

 

Aussi appréhenderons-nous l'islam à travers ses dogmes. Ceux-ci apparaissent partiellement dans sa profession de foi -la shahada- que prononce celui qui désire embrasser la religion musulmane. « Il n'y a de Dieu que Dieu et Muhammad est l'Envoyé de Dieu ».

 

Voilà qui nous renseigne davantage sur la nature de l'islam. Religion monothéiste, elle affirme l'existence d'un Dieu Unique. La profession de foi comporte une seconde assertion, placée sur le même plan que la première : « Muhammad est l'Envoyé de Dieu ». Une brève biographie de ce personnage s'impose; je me bornerais à rapporter la version « officielle », admise par les musulmans.

 

Muhammad naquit, pense-t-on en 570 après J-C, à la Mecque. Toutefois, son ministère prophétique ne débuta que sur le tard, vers quarante ans. Avant cela, il avait exercé le métier de marchand pour une riche veuve, Khadîdja qu'il avait d'ailleurs épousée. La tradition rapporte que durant cette période pré-prophétique, le personnage réputé pour sa bonté, sa loyauté et son honnêteté, manifestait également un esprit très religieux. Aussi se livrait-il à des exercices spirituels, sorte de  retraites, dans une grotte. Là, un soir, Muhammad reçut la première révélation par le biais de l'ange Gabriel. Ainsi débuta sa prédication : il récitait et répétait à ses contemporains les paroles transmises par l'ange Gabriel.

 

Toutefois, l'aventure ne fut point de tout repos. Si certains habitants de la Mecque le reconnurent comme prophète, la grande majorité, à l'inverse, manifesta son hostilité. Sa doctrine sur un dieu unique heurtait les polythéistes, alors immense majorité de la population de l'Arabie, bien qu'il existât également des communautés juives et chrétiennes. Cette opposition contraignit Muhammad et ses compagnons à l'exil vers Médine –qui alors portait le nom de Yathrib- en 632. Cet événement porte le nom d'Hégire. Le retour à la Mecque n'eut lieu que bien des années plus tard après que Muhammad eut triomphé de ses ennemis polythéistes et juifs de Médine. Muhammad mourut finalement à 63 ans. Pendant ces 23 années, il avait donc reçu la Révélation par le biais de l'Ange Gabriel. L'ensemble de cette révélation forme le Coran, le livre saint des Musulmans.

 

Ces derniers estiment donc que le Coran est la parole de Dieu et de ce fait, il s'adresse aux hommes de tout temps et tout pays, ne contient aucune erreur. Nous trouvons dans le Coran l'enseignement théologique de l'islam mais également : des règles de vie, des récits concernant d'autres prophètes… Les hadiths constituent les autres écrits à faire autorité parmi les Musulmans : il rapporte les propos de Muhammad, en rapport avec divers épisodes de sa vie et certains passages du Coran.

 

Tels sont donc les dogmes fondamentaux de la religion musulmane : unicité de Dieu, caractère prophétique de la mission de Muhammad, miracle du Coran. Précisons néanmoins que l'islam ne se présente nullement comme une nouvelle religion : Muhammad affirme restaurer la vraie religion qu'avant lui ont défendue une longue lignée de prophètes. Parmi ces envoyés de Dieu, le Coran cite entre autre Adam, Noé, Abraham, Isaac, Jacob, Joseph (fils de Jacob), Job, Moïse, David, Salomon, Elie, Jonas, Jean le Baptiste et Jésus (qui pour les Musulmans n'est qu'un simple prophète). Si nous avons en commun avec les Musulmans certains de ces personnages, d'autres nous sont totalement inconnus, du moins en tant qu'envoyés de Dieu. Ainsi le Coran cite un dénommé Idriss que certains assimilent à Hénoch (mais sur quelle base?), ou encore fait d'Ismaël un envoyé de Dieu  alors qu'il n'est nullement question dans la Bible d'une éventuelle mission prophétique du fils d'Agar et d'Abraham…

 

Ce petit rappel au sujet de la foi islamique nous permettra ultérieurement d'identifier ce qui nous sépare des Musulmans –en matière de foi- et ainsi, d'éviter un regrettable amalgame, qui, hélas, se répand dans les esprits.

 

 

EN QUOI CROYONS-NOUS?

 

 

Notre temps vit une période de confusion spirituelle inextricable. La communauté chrétienne n'y échappe guère : un zest de bouddhisme, un achat au rayon ésotérisme, une retraite dans un monastère et j'en passe. Je ne critique nullement une démarche qui s'inspire du désir légitime de comprendre, de connaître et qui, dans ce cadre explore, teste et questionne. En revanche, j'en déplore certains effets, incompatibles avec la foi chrétienne : certains revendiquent leur christianisme tout en y incorporant des croyances et pratiques contraires aux dogmes chrétiens.

 

Concernant le cas spécifique de l'islam, j'entends parfois des Chrétiens déclarer : « Le judaïsme, le christianisme et l'islam, c'est la même chose »; « Muhammad est un prophète tout comme Jésus ou Moïse » ou encore « Dieu a envoyé Muhammad aux Arabes afin de leur faire connaître son Unicité ». Un jour, un chrétien m'asséna même avec conviction qu'en lisant la Bible, je découvrirais qu'elle annonçait la venue de Muhammad! « Mais alors pourquoi ne deviens-tu pas musulman? » lui demandai-je. « Parce que je suis chrétien » me répondit-il. J'enfonçai le clou : «Muhammad dit que Jésus n'est pas le Fils de Dieu alors même que tu es persuadé du contraire étant chrétien…Ne vois-tu pas une contradiction?».

 

Cette confusion tient  aux similitudes indéniables entre le Coran et la Bible : certains personnages apparaissent dans les deux récits, et Muhammad affirme lui-même parachever le long processus de Révélation initié par Adam selon les Musulmans. Il devient dès lors tentant de clamer la similarité des deux religions. Cette erreur se commet d'autant plus facilement que le chrétien n'a parfois qu'une connaissance peu précise de sa foi. Celle-ci se réduit à une simple tradition familiale, ou, pour certains pratiquants aux sacrements, à des pratiques périodiques. Mais s'accompagne-t-elle d'aucune connaissance solide et véritable des dogmes et de l'histoire biblique? Cette méconnaissance du christianisme se double d'une quasi-ignorance de l'islam. Ceci ouvre la voie à toutes les confusions.

 

Remémorons-nous quelques récits bibliques : le péché d'Adam et Eve, le sacrifice d'Isaac que YAHVÉ ordonna à Abraham afin de le mettre à l'épreuve et la naissance miraculeuse du Christ. Le Coran mentionne également ces épisodes. Avec une déconcertante rapidité, certains en déduisent que nous professons la même foi, mise à part admettent-ils parfois des divergences qu'ils qualifient de mineures. Pourtant ses différences ne méritent nullement un tel qualificatif; vouloir à tout prix les gommer ou les occulter aboutit à nier les fondements de la foi chrétienne.

 

Pour nous Chrétiens, la faute de nos premiers parents institue le péché originel dont nous sommes solidaires. L'Islam ignore totalement la notion de péché originel. Pour nous Chrétiens, Abraham allait offrir Isaac en sacrifice; les Musulmans pensent qu'il s'agit au contraire d'Ismaël. Ainsi se dresse une question cruciale : quel est l'héritier de la promesse réalisée par Dieu à Abraham? Le fils de la femme légitime, né miraculeusement d'une mère déjà très avancée en âge? Ou le fils de la servante égyptienne? Isaac répondent en chœur les Juifs et les Chrétiens, Ismaël soutiennent les Musulmans. Enfin, pour nous Chrétiens, Jésus est le Fils de Dieu, et non un simple prophète comme le prétend l'islam. Sans oublier que pour nous Chrétiens, Muhammad n'est nullement un prophète…Ces quelques exemples nous suggèrent déjà des désaccords doctrinaux majeurs et insurmontables.

 

Dès lors qu'attendre du dialogue religieux islamo-chrétien en matière théologique? Ces pratiques, en dépit d'éventuelles bonnes d'intentions de départ, me paraissent inéluctablement vouées à l'échec dès qu'elles réunissent des Chrétiens avec des représentants d'autres religions.  Je n'émets aucune réserve à l'idée de rencontres œcuméniques entre Chrétiens car nous avons une croyance en commun, celle de Jésus fils de Dieu, dogme précis qui dépasse largement celui, très vague, de l'Unicité de Dieu. Ceci rend possible l'intercommunion entre Eglises chrétiennes. En revanche, dans nos rapports avec les musulmans, nous savons d'avance que jamais nous ne transigerons sur les choses qui nous séparent. Hélas, je ne crains que ce dialogue n'ait troublé la vision des fidèles chrétiens, les incitant à placer christianisme et islam sur le même plan, à glisser vers un syncrétisme sournois, véritable sabir religieux.

 

Faut-il pour autant interrompre ses rencontres? Je ne crois pas. Je leur assignerais une orientation  davantage politique que religieuse, moins céleste et plus terrestre. Plutôt que de se perdre en discussions théologiques improductives, pourquoi les participants ne s'attelleraient-ils pas à pacifier les relations entre Chrétiens et Musulmans. Ils pourraient s'entendre pour condamner de vive voix les persécutions religieuses. Pareille démarche, surtout si elle s'avère fructueuse, enchanterait les Chrétiens soudanais, dignes héritiers des premiers chrétiens par le martyr que leur inflige le régime islamique depuis 1983. Elle plairait également aux Chrétiens pakistanais victimes d'attentats périodiquement. Et plus généralement, elle satisferait ou du moins apporterait une lueur d'espoir aux minorités chrétiennes en terre d'Islam, réduite à un statut de citoyen de seconde zone, n'en déplaise aux hypocrites laudateurs de la dhimmitude.

 

En lieu et place de cela, le dialogue inter-religieux se plaît à mettre en exergue les similitudes entre Christianisme et Islam, aboutissant à une confusion mentale déplorable. Deux expressions qui s'appliquent au judaïsme, au christianisme et à l'islam expriment ce nouvel état d'esprit : Fils d'Abraham et les trois grandes religions monothéistes. Ces trois religions ont beau mentionner Abraham, celui-ci ne tient pas une place équivalente. Juifs et Chrétiens même s'ils se considèrent comme fils d'Abraham se définissent en tant qu'Israël. En effet, la promesse faite à Abraham se transmet par Isaac, puis par Jacob et la descendance de celui-ci. En revanche, les musulmans voient en Ismaël un autre héritier, doctrine incompatible avec la Bible. Sara «dit à Abraham : Chasse cette servante et son fils, car le fils de cette servante n'héritera pas avec mon fils Isaac. Cette parole déplut à Abraham à cause de son fils. Mais Dieu dit à Abraham : N'aie pas de déplaisir, à cause du garçon et de ta servante. Accorde à Sara tout ce qu'elle te demandera; car c'est par Isaac que tu auras une descendance qui porte ton nom. Je ferai aussi une nation du fils de ta servante; car il est ta descendance» (Genèse 20:10-13). Ainsi Dieu partage l'opinion de Sara : Ismaël n'hérite pas mais reçoit la garantie de prospérer au point de constituer une nation. Mais ce terme nation ne signifie nullement qu'un prophète apparaisse dans la descendance d'Ismaël.

 

La seconde formule, les trois grandes religions monothéistes, reflète une vacuité affligeante. Expliquez-moi en quoi ces religions sont grandes? Garantissez-moi qu'elles sont les seuls monothéismes sur la planète! Un jour, peut-être faudra-t-il écrire les quatre grandes religions monothéistes quand la religion du Dieu Carotte aura prospéré par toute la terre! Hélas, maints chrétiens se retrouvent pris au piège, confondant allègrement les croyances.

 

Une façon aisée de retrouver nos marques consiste en la lecture du Symbole de Nicée-Constantinople –je le reprends sous sa forme en usage dans l'Eglise Orthodoxe-. Ce texte constitue à lui seul une définition du christianisme car il récapitule l'ensemble des dogmes fondamentaux de notre religion. Phrase après phrase, nous nous remémorons nos articles de foi et les comparons au besoin à l'enseignement de l'Islam. Dans l'immédiat, je ne commenterai le symbole que très brièvement. Ce n'est que par la suite que je m'attacherai à mettre à jour la logique qui sous-tend l'ensemble de la foi chrétienne.

 

 

JE CROIS EN UN SEUL DIEU, LE PERE TOUT-PUISSANT, CREATEUR DU CIEL ET DE LA TERRE ET DE TOUTES CHOSES VISIBLES ET INVISIBLES.

 

Nous confessons donc l'existence d'un Dieu Unique, créateur de l'Univers ainsi que des êtres visibles (humains, animaux, végétaux) et invisibles (les créatures spirituelles). En cela, les Musulmans nous rejoignent. Toutefois, nos doctrines divergent rapidement car nous nous situons dans un rapport filial par rapport à l'Eternel (YAHVÉ), conformément au Prologue de l'Evangile selon Saint Jean (1;12) : «mais à tous ceux qui l'ont reçue, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom». Quelle est donc cette chose qui confère ce pouvoir pour peu qu'on croie en elle. Il s'agit de la Parole, du Verbe, ou encore du Fils, Jésus Christ.

 

ET EN UN SEUL SEIGNEUR JESUS CHRIST, FILS UNIQUE DE DIEU, NE DU PERE AVANT TOUS LES SIECLES, LUMIERE DE LUMIERE, VRAI DIEU DE VRAI DIEU, ENGENDRE NON CREE, CONSUSBSTANTIEL AU PERE PAR QUI TOUT A ETE FAIT.

 

Le fossé avec «nos frères en Abraham» se creuse considérablement. Le Coran fait du Christ un simple envoyé de Dieu. Pour nous, il est Seigneur et Lumière : il a part à la divinité du Père de toute éternité et a participé à la création avec le Père : «Il est l'image du Dieu invisible, le premier né de toute création. Car en lui tout a été créé dans les cieux et sur la terre, ce qui est visible et ce qui est invisible…» (Colossiens 1;15-16).

 

QUI POUR NOUS LES HOMMES, ET POUR NOTRE SALUT EST DESCENDU DES CIEUX, S'EST INCARNE DE L'ESPRIT SAINT ET DE LA VIERGE MARIE, ET S'EST FAIT HOMME.

 

Le Christ vient sur terre en s'incarnant afin de racheter le péché originel commis par Adam qui, par sa faute, avait introduit la Mort sur la Terre. Ceci ne se retrouve nullement dans le Coran qui ignore la notion de faute originelle et soutient que Marie fut fécondée par le souffle d'un ange et non du fait de l'action de l'Esprit Saint.

 

IL A ETE CRUCIFIE POUR NOUS SOUS PONCE PILATE A SOUFFERT ET A ETE ENSEVELI

 

Le salut que le Christ apporte à l'humanité passe par sa mort, rançon payée contre le péché originel. L'Islam, quant à lui, nie la réalité de la crucifixion et affirme qu'il y eut substitution, Jésus étant enlevé au ciel et échappant au supplice.

 

ET IL EST RESSUSCITE LE TROISEME JOUR SELON LES ECRITURES

 

«Il est vraiment ressuscité». Il va sans dire que l'Islam niant la mort du Christ nie également sa résurrection.

 

ET IL EST MONTE AUX CIEUX ET SIEGE A LA DROITE DU PERE

 

N'allons pas croire que la posture du Christ traduit la passivité; elle exprime simplement la majesté et l'autorité, le Fils revêtant le pouvoir royal dans les cieux. Pour les musulmans Jésus a certes été élevé au ciel mais ce afin d'échapper à la crucifixion.

 

ET IL REVIENDRA EN GLOIRE JUGER LES VIVANTS ET LES MORTS; SON REGNE N'AURA POINT DE FIN

 

Les Evangiles nous annoncent le retour du Christ sur terre afin d'y instaurer le Royaume de Dieu, objet de sa prédication durant ses trois années de ministère.

 

ET EN L'ESPRIT SAINT, SEIGNEUR QUI DONNE LA VIE, QUI PROCEDE DU PERE, QUI EST ADORE ET GLORIFIE AVEC LE PERE ET LE FILS, QUI A PARLE PAR LES PROPHETES.

 

Nous découvrons l'Esprit Saint, troisième personne de la Trinité, lui aussi d'essence divine; l'Islam l'assimile à l'Ange Gabriel et rejette la Trinité qualifiée d' «associationnisme».

 

EN L’EGLISE, UNE, SAINTE, CATHOLIQUE ET APOSTOLIQUE.

Une définition des termes s'impose, y compris pour le Chrétien : l'Eglise est l'assemblée des fidèles, de tous les fidèles. Cette Eglise est une et catholique car les fidèles partagent la même foi catholique n'est pas à prendre au sens de catholique romain, sainte car chacun de nous est appelé à la sainteté et enfin apostolique car elle est héritière des dispositions prises par les apôtres.

 

JE CONFESSE UN SEUL BAPTEME POUR LA REMISSION DES PECHES

 

J’ATTENDS LA RESURRECTION DES MORTS ET LA VIE DU SIECLE À VENIR. AMEN

 

La venue du Christ a permis la victoire sur la mort introduite par le péché adamique; cette victoire sera parachevée par la résurrection au moment de l'instauration du Royaume de Dieu : «Ne vous étonnez pas; car l'heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix. Ceux qui auront fait le bien en sortiront pour la résurrection et la vie, ceux qui auront pratiqué le mal pour la résurrection et le jugement» (Jean 5;29).

 

 

Ce rappel des dogmes chrétiens nous montre combien l'enseignement du Coran s'en éloigne. Toutefois, l'honnêteté intellectuelle qui doit présider à ce livre nous pousse à évoquer une objection que soulèvent certains commentateurs musulmans de la Bible. Celle-ci, en réalité, annoncerait Muhammad en tant que prophète.

 

 

MUHAMMAD, PROPHETE DE LA BIBLE?

 

 

Prenez une Bible et lisez là de l'alpha à l'oméga. Nul part n'apparaît le nom Muhammad. Néanmoins, des commentateurs musulmans de la Bible soutiennent que leur prophète est annoncé à diverses reprises aussi bien dans l'Ancien que dans le Nouveau Testament. Nous ne reprendrons pas ici tous les passages auxquels ils se rapportent, nous contentant d'évoquer les deux extraits couramment cités.

 

Le premier se situe en Deutéronome 18;18 : L'Eternel YAHVÉ réalise la promesse suivante aux Hébreux : «Je leur susciterai du milieu de leurs frères un prophète comme toi [Moïse], je mettrai mes paroles dans sa bouche, et il leur dira tout ce que je lui commanderai». Les Musulmans relèvent trois éléments de cette parole : le prophète sera comme Moïse, il sera issu des frères des israélites («du milieu de leurs frères») et il répétera les paroles de Dieu. Muhammad remplirait ces trois caractéristiques.

 

Les similitudes entre lui et Moïse seraient légion : tous deux furent prophètes et hommes d'Etat, tous deux se marièrent et tous deux reçurent une loi et un code de vie précis. Dans l'expression «du milieu de leurs frères», les Musulmans voient l'affirmation que ce prophète ne serait pas issu du peuple d'Israël mais du peuple arabe. En effet, Abraham eut deux fils, Isaac, ancêtre des Juifs et Ismaël, ancêtre des Arabes. Enfin, le dernier volet, «il répétera les paroles de Dieu» rejoindrait la formation du Coran, parole de Dieu descendue des cieux et transmise à Muhammad par le biais de l'Ange Gabriel. Que penser de cette argumentation? Cette prophétie annonce-t-elle Muhammad ou Jésus comme nous le croyons?

 

Qui de Jésus ou Muhammad ressemble le plus à Moïse? Pour trancher, nous examinerons leur vie en se basant non pas sur les détails mondains (marié ou pas) mais sur les faits à travers lesquels Dieu se manifesta. Il en ressort alors une similitude entre les existences de Moïse et Jésus. Nouveau né, Moïse fut sauvé par Dieu : déposé sur l'eau dans un berceau, la fille de Pharaon le recueillit. A ce sauvetage, répond la fuite en Egypte de la Sainte Famille; Jésus échappa de la sorte au massacre des enfants de moins de deux ans ordonnés par Hérode. Puis au cours de leur ministère, Moïse et Jésus entretinrent un rapport personnel avec l'Eternel : YAHVÉ se manifeste à travers le buisson ardent puis par la suite s'adressera directement à Moïse sans l'intermédiaire d'un ange. De même, Jésus, en tant que Fils, avait un rapport direct avec le Père. En outre, Moïse et Jésus détinrent tous deux sur terre  la pleine autorité de Dieu : Exode 4;16  Tu [Moïse] tiendras pour lui [Aaron] la place de Dieu» ) et Marc 2;5-7 («Qui peut pardonner les péchés, si ce n'est Dieu seul?» s'interrogent les scribes après que Jésus eût remis ses péchés au paralytique) l'illustrent parfaitement.

 

Enfin, Moïse et Jésus mettent tous deux en exergue le sacrifice comme forme de réconciliation avec Dieu. Les différents sacrifices propitiatoires auxquels se soumettaient les Hébreux s'offraient en expiation des fautes (Lévitique chapitres 4 et 5). Le sacrifice du Christ sur la croix rejoint cette même logique : il nous libère du péché, libération qu'avait initié Moïse par la pratique des sacrifices. Saint Paul nous l'explique dans son Epître aux Hébreux (9 : 12) : « et il [le Christ] est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire, non avec le sang des boucs et des veaux, mais son propre sang. C'est ainsi qu'il nous a obtenu une Rédemption éternelle».

 

L'analyse de l'expression «du milieu de leurs frères», à en croire certains musulmans, démentirait la possibilité que ce prophète soit issu de la lignée de Jacob (Israël). Toutefois, l'argumentation avancée présente deux faiblesses manifestes. Comment garantir que les Arabes descendent d'Ismaël? Cette assertion s'appuie sur le seul Coran. La Bible, pour sa part ne l'affirme à aucun moment : elle mentionne certes les Arabes et les Ismaélites mais jamais elle n'identifie les uns aux autres. Mais surtout à supposer que le terme «frères» situe ce prophète en dehors du peuple d'Israël, un bête arbre généalogique révèle que les Ismaélites ne sauraient être les frères des Israélites.

 

 


 

Ce schéma, conforme au récit biblique, nous indique la filiation des Israélites : fils de Jacob. Dès lors d'éventuels frères des Israélites sont à rechercher dans la descendance du frère aîné de Jacob, Esaü. La Bible mentionne ce peuple : les Edomites en Genèse 36. Par la suite, seuls les Edomites sont désignés en tant que frères des Israélites : «Donne cet ordre au peuple : vous allez passer près de la frontière de vos frères, les fils d'Esaü, qui habitent en Séir» (Deutéronome 2:4) ou «Tu n'auras pas  horreur de l'Edomite car il est ton frère» (Deutéronome 23:8). Devrions-nous en conséquence chercher notre prophète parmi les Edomites? Revenons sur l'expression «du milieu de leurs frères». Que signifie-t-elle? Ne peut-on pas la retrouver ailleurs dans la Bible? Justement, elle figure en Deutéronome 17:15 : «tu établiras sur toi un roi du milieu de tes frères, tu ne pourras pas te donner un étranger qui ne soit pas ton frère». Ce second extrait répond à nos interrogations :»du milieu de tes frères» signifie bien issu du peuple d'Israël. Le docteur Campbell, dans son très bel ouvrage La Bible et le Coran à la lumière de l’Histoire et de la Science, confirme cette interprétation. Elle s'accorde en outre avec  le mot hébreu employé (akh) qui comporte deux sens : frère ou membre de la tribu. Ceci nous met en garde contre des interprétations erronées qui extrairaient quelques versets de leur contexte en oubliant à dessein que la Bible forme un tout cohérent.

 

Preuve de cette rigueur biblique, par delà les siècles, les rédacteurs, Jésus – Christ lui-même se revendiquera de cette prophétie : « En effet, si vous croyiez en Moïse, vous croiriez en moi [Jésus], car c'est à mon sujet qu'il a écrit. » Jean 5:46

 

Abordons le troisième volet de l'argumentation : «il répétera les paroles de Dieu». Cette phrase peut s'appliquer parfaitement  au Christ qui déclare à ses disciples : «Et la parole que vous entendez n'est pas de moi, mais du Père qui m'a envoyé» (Jean 14 : 24). Mais elle concerne également d'autres prophètes tels Samuel («L'Esprit de l'Eternel a parlé par moi, Et sa parole est sur ma langue», 2 Samuel 23 : 2) ou Jérémie («Ainsi parle l'Eternel»; Jérémie 22:1) et bien d'autres encore… D'ailleurs, à proprement parler, Muhammad répétait les paroles de l'Ange Gabriel.

 

Le second passage souvent brandi afin de montrer l'annonce de Muhammad dans la Bible est celui du Paraclet en Jean 14:16-17 : «et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Consolateur qui soit éternellement avec vous, l'Esprit de vérité, que le monde ne peut pas recevoir, parce qu'il ne le voit pas et ne le connaît pas; mais vous, vous le connaissez, parce qu'il demeure près de vous et qu'il sera en vous». Le terme «Consolateur» rend le mot grec «Parakletos» qu'il est également possible de traduire par avocat, défenseur, celui qu'on appelle à l'aide. Face à cela, les Musulmans affirment volontiers que le terme grec exact est «Periklytos» qui lui, signifie «glorieux». Or le pseudonyme de Muhammad dans le Coran, Ahmad possède le même sens. Ils ajoutent que l'Esprit Saint avait déjà été envoyé et que cette promesse ne saurait donc le concerner. Ne lit-on pas qu' «Elisabeth fut remplie d'Esprit Saint» (Luc 1 : 41) ou du pieux  Siméon que «l'Esprit Saint était sur lui» (Luc 2 :25)?

 

A nouveau, re-situons les propos du Christ dans leur contexte. Le Christ prend le repas pascal entouré de ses seuls apôtres à l'exception de Judas. Il s'adresse donc exclusivement à ses disciples. Sa phrase ne présente aucune difficulté : jusqu'à cette date, jamais les onze n'avaient reçu l'Esprit. Aucune contradiction ne mérite donc d'être relevée. Mais faut-il lire Parakletos ou Periklytos? Aucun des manuscrits de langue grecque à notre disposition, y compris les plus anciens, n'appuie la seconde hypothèse. L'erreur de transcription s'avère également très improbable : la langue grecque, en effet, écrit toutes les voyelles. Le rédacteur aurait donc dû se tromper sur 3 voyelles, ce qui à mon humble avis, ne serait guère passé inaperçu.

 

De surcroît, l'ensemble du passage atteste de la nature purement spirituelle du Parakletos. Seul un être spirituel peut être «éternellement avec vous», résider «en vous». La suite des événements confirme cette interprétation : le Paraclet fut sur les disciples cinquante jours plus tard à la Pentecôte. En revanche, Muhammad naquit cinq siècles plus tard alors que les apôtres étaient morts depuis bien longtemps.

 

Ainsi, ces deux passages ne contiennent aucune annonce de Muhammad, pas plus que d'autres parfois cités, sur lesquels je ne reviendrai pas. Ces deux exemples suffisent largement à nous mettre en garde contre les interprétations «exotiques», s'appuyant sur quelques versets tirés de leur contexte. Satan lui-même usa de cette stratégie pour séduire Jésus au désert. Que fit-il? Il lui cita des passages des Ecritures, en dehors de leur contexte, espérant que le Christ se laisserait prendre à ce travestissement indigne de la Parole de Dieu . La réplique du Fils de Dieu fut cinglante : lui aussi cita les écrits saints en  rétablissant le sens véritable (Matthieu chapitre 4).

 

En matière d'exotisme, comment ne pas dire un mot de l'Evangile de Barnabé, un écrit que certains musulmans dépeignent comme le véritable évangile? Ce texte présente en effet Jésus niant être le messie et promettant la venue de Muhammad. Quelle autorité lui accorder? La date et la langue de rédaction de ce texte le discréditent amplement : rédigé en italien, et remontant au plus tôt au XIVe siècle voire au XVIe siècle! Les invraisemblances émaillent le récit : celui-ci nomme le Grand Prêtre «Pontife» alors que ce titre avait pour origine la Rome antique; Pilate écrit au Sénat romain thème classique de la littérature du Moyen Age… De façon cocasse, cet «évangile» contredit également le Coran : Jésus déclare ne pas être le Messie alors même que le livre saint de l'islam lui reconnaît ce titre («Son nom sera al-Masih» [le Messie en arabe]; Coran 3:45).  Il semble que ce texte ait pour origine les communautés morisques de l'Espagne en but à la persécution de l'Inquisition suite à la Reconquista.

 

L'absence de mention de Muhammad en tant que prophète dans la Bible et la grossière imposture que constitue le pseudo Evangile de Barnabé confirment que Muhammad ne saurait être considéré comme un prophète par les Chrétiens dont la foi, que je sache, s'appuie sur la Bible. Encore faudrait-il que la Bible fût fiable! Nous allons tenter de nous assurer de ce point.

 

 

LA BIBLE EST-ELLE FIABLE?

 

 

La Bible fit et continue de faire l'objet de maintes accusations. Certains soupçonnent des falsifications, d'autres pointent des contradictions, sans oublier ceux qui mettent en doute la véracité historique des récits. En la matière, comment ne pas évoquer le livre du Docteur Bucaille, La Bible, le Coran et la Science? L'auteur prétend démontrer l'origine divine du texte coranique par le savoir scientifique qu'il renferme, savoir inconnu à l'époque de sa rédaction. Au passage, notre «ami» se livre à une attaque en règle contre la Bible, énonçant pêle-mêle les contradictions, les erreurs, la falsification… Cette œuvre de propagande connaît encore de nos jours un franc succès parmi les musulmans du monde entier, qui la brandissent volontiers.

 

Par bonheur, le Docteur Bucaille eut un brillant contradicteur, en la personne du Docteur Campbell. Ce dernier, dans son ouvrage La Bible et le Coran à la lumière de l’Histoire et de la Science, met à jour la malhonnêteté intellectuelle de son confrère : mauvaise foi, insinuation perfide, soigneuse sélection de ses sources afin de discréditer la Bible. A l'inverse, le Docteur Bucaille évite soigneusement de s'attarder  sur les extraits du Coran présentant un réel problème… Quand il les mentionne… J'emprunte donc la grande majorité des éléments de ce chapitre au Docteur Campbell.

 

La première attaque accuse effectivement Juifs et Chrétiens d'avoir sciemment altéré la Bible en vue d'occulter la venue de Muhammad. Quel Chrétien discutant avec un Musulman n'a-t-il pas entendu cette accusation? Paradoxalement, une première réfutation vient du Coran lui-même. Ce dernier atteste bel et bien que la torah et l'évangile sont véridiques. Examinons quelques versets qui s'y rapportent.

 

Dans la Sourate la Famille d'Amran (3:49-50), Jésus déclare : « Et je confirme ce qu'il y a dans la Thora révélée avant moi, et je vous rends licite une partie de ce qui vous était interdit.» A l'époque du Christ, à en croire le Coran, la Torah était donc authentique. Subit-elle, avec l'Evangile des falsifications par la suite. Le Coran répond à nouveau par la négative : «O vous qui avez cru! Soyez les alliés d'Allah, à l'instar de ce que Jésus fils de Marie a dit aux apôtres : «Qui sont mes alliés (pour la cause) d'Allah?» – Les apôtres dirent : «Nous sommes les alliés d'Allah». Un groupe des Enfants d'Israël crut, tandis qu'un groupe nia. Nous aidâmes donc ceux qui crurent contre leur ennemi, et ils triomphèrent.»(Sourate le Rang 61:14). Par leur victoire , les disciples fidèles au Christ préservèrent logiquement un récit authentique -aussi bien de l'Ancien que du Nouveau Testament- qui parvint inchangé jusqu'à Muhammad. De nombreux versets confirment cette hypothèse : «Ce [le Coran] n'est point là un récit fabriqué, c'est au contraire la confirmation de ce [la Torah et l'Evangile] qui existait déjà avant lui, un exposé détaillé de toute chose, un guide et une miséricorde pour des gens qui croient.» (Sourate Joseph 12 : 111) Dans la sourate la Table servie (5 :68), ne lisons-nous pas : «Dis : Ô gens du Livre, vous ne tenez sur rien, tant que vous ne vous conformez pas à la Thora et à l'Evangile et à ce qui vous a été descendu de la part de votre Seigneur ».

 

Ainsi, le Coran reconnaît lui-même l'autorité de la Bible qui circulait en Arabie à l'époque de Muhammad. Ce peut-il qu'elle soit différente de notre version? Supposons-le un instant : que serait-il advenu de ces exemplaires car nous n'en trouvons trace nulle part? Auraient-ils subi «l'outrage du temps» se corrompant progressivement puis tombant dans l'oubli?  N'auraient-ils pas été au contraire conservés par les Musulmans eux-mêmes désireux de montrer aux Chrétiens la version véridique?

« L'inventaire » des Eglises et confessions chrétiennes que Muhammad  put côtoyer renforce notre conviction : la Bible dont parle le Coran est identique à la nôtre. Le récit de l'Islam mentionne effectivement des communautés chrétiennes. L'Orient de l'époque voit la chrétienté se diviser en multiples Eglises nées de schismes. Citons notamment les Chrétiens «orthodoxes», les monophysites, les uns qualifiés ainsi à tort (en Egypte, en Abyssinie ou en Arménie), les autres avec plus de raison (l'Eglise Jacobite fille de la doctrine d'Eutychès) et les nestoriens. Ces derniers, très vraisemblablement, étaient présents en Arabie. L'Eglise nestorienne connut en effet une expansion considérable dans l'Empire Perse. Depuis ce pays, elle aura gagné l'Arabie. Or les Chrétiens nestoriens -et  leurs héritiers actuels les Chrétiens assyriens- ne se distinguaient pas par des écrits canoniques différents. Cela s'applique également aux Chrétiens éthiopiens, séparés de la terre de Muhammad par la Mer Rouge. Ainsi, toutes les Eglises chrétiennes de l'époque disposaient des mêmes livres canoniques : la Bible à laquelle fait référence le Coran n'était donc pas un apocryphe en usage dans une Eglise chrétienne.

 

Est-il possible que le texte biblique ait été modifié par les successeurs des apôtres peu scrupuleux? Un bref examen de la formation du Nouveau Testament s'impose. Les plus anciens manuscrits contenant l'intégralité du Nouveau Testament remonte au IIIe siècle. Au vue de quoi, certains, par un raccourci surprenant –mais qui relève avant tout de la mauvaise foi- attribuent une date tardive à la rédaction du Nouveau Testament. A les croire, celle-ci intervint près de trois siècles après le départ du Christ. Un tel délai pour clarifier  les faits et gestes du Christ aurait été propice à toutes sortes d'altérations et de manipulations.

 

Une telle attaque  choisit délibérément  d'ignorer que les supports qui tenaient lieu de papier à l'époque ne se conservent que très imparfaitement. Elle passe également sous silence l'ensemble des fragments découverts. Tout ceci nécessite une mise au point  à laquelle se prête  le Docteur Campbell. Je me contenterai de rappeler les grandes lignes de son argumentation .

 

Dans un premier temps, la fidélité de la transmission du message du Christ reposa sur de nombreux témoins oculaires. Parmi eux, les douze, devenus onze par le suicide de Judas. Mais l'entourage du Christ ne se composait pas uniquement de ce premier cercle; de nombreuses autres personnes le suivaient, touché par ses prêches ou par ses miracles. Parmi ces proches, citons Marthe et Marie, Lazare, que Jésus ressuscita ou encore Marie Madeleine. Les témoins  ne manquaient guère pour rapporter les faits et enseigner, corriger toute doctrine hétérodoxe, constituant ainsi un véritable Evangile vivant et ce bien avant sa rédaction. En Actes 1 : 21-22, Pierre évoque «ceux qui nous ont accompagnés tout le temps que le Seigneur Jésus allait et venait avec nous, depuis le baptême de Jean, jusqu'au jour où il a été enlevé du milieu de nous». Dans sa Première Epître aux Corinthiens (15 : 5-6), Paul  rappelle au sujet de la résurrection du Christ : «il a été vu par Céphas, puis par les douze. Ensuite il a été vu par plus de cinq cents frères à la fois, dont la plupart sont encore vivants, et dont quelques-uns uns sont décédés». Or cette lettre est datée par les historiens de 51 après Jésus Christ.

 

Tous ces témoins purent eux-mêmes  vérifier la véracité du récit des Evangiles. En effet, leur rédaction débuta vraisemblablement  vers les années 50. Luc, compagnon de Paul, écrivit très vraisemblablement son récit vers 60 alors que son maître était prisonnier en Palestine. Les historiens estiment que Luc s'inspire de l'œuvre de Marc, qui aurait donc accompli son œuvre dans les années 50. L'Evangile selon Matthieu est plus difficilement datable : l'ancien collecteur d'impôts habitué à consigner les chiffres aurait-il débuté son travail durant le ministère même de Jésus? Quant à l'Evangile de Jean, certains le datent de 90-95 alors que d'autres lui assignent une date antérieure vers 80. En définitive, la rédaction des Evangiles intervint relativement tôt, du vivant des apôtres et des autres  témoins oculaires. Cela rendait toute falsification ou même toute erreur difficile.

 

Comment s'assurer que le texte n'ait subi aucune modification par la suite? Reportons-nous aux témoignages écrits du deuxième siècle. Deux successeurs des apôtres :  Clément de Rome (vers 96) et Polycarpe (vers 107) citent les Evangiles mot pour mot dans leurs écrits. De surcroît, différents fragments des Evangiles  datés de cette période (vers 135, 150 et 200) concordent avec les écrits en notre possession. Ils représentent tout de même 70% des Evangiles selon Luc et Jean et 75% des Epîtres de Paul! Je laisse le lecteur seul juge. Aucun argument sérieux ne vient corroborer la thèse de la falsification. Celle-ci n'est pas sans rappeler l'attitude d'un héritier, qui, désappointé et aigri de ne point figurer dans le testament, crierait à la manipulation sans fournir la moindre preuve tangible.

 

Examinons à présent un autre reproche adressé à la Bible : elle contiendrait maintes  contradictions. Comment prendre au sérieux un texte qui relate un même fait de façon différente? Peut-il être la Parole de Dieu? Loin d'indiquer la fausseté de la Bible, ces contradictions révèlent premièrement une grande honnêteté intellectuelle –et l'absence de falsification-. Les rédacteurs ne se concertèrent nullement afin d'établir une version unique. Puis, Hébreux et Chrétiens relevèrent certainement ces prétendues failles mais n'y changèrent rien, alors même qu'elles semblaient plaider en défaveur de la Bible et qu'il eût été aisé d'imposer un texte unique (notamment pour les Chrétiens lors de la définition des livres canoniques).

 

En réalité, ces contradictions ne sont qu'apparentes et apportent souvent un éclairage complémentaire sur un même événement. Une lecture attentive qui prend en compte le contexte suffit parfois à résoudre les interrogations. Mais dans certains cas, des connaissances plus poussées s'avèrent  nécessaires. Aussi, plutôt que de contradictions parlerons - nous de variantes. Un tel phénomène se produit quotidiennement : deux personnes qui assistent à un même événement le rapportent communément de façon différente sans qu'aucune des deux ne mentent pour autant.

 

Je ne puis reprendre ici l'ensemble de ces cas; cela mériterait  qu'on y consacrât un ouvrage entier afin de tordre le coup à cette idée trop souvent brandie et répandue. Je me contenterai de cette illustration tirée de l'Ancien Testament, apparemment insoluble.

 

En 1 Samuel : 10-13, le prophète Samuel part à la recherche de David en vue de lui administrer l'onction en tant que  roi d'Israël. Isaï, père de David, fait donc «passer ses sept fils devant Samuel et Samuel dit à Isaï : L'Eternel n'a choisi aucun d'eux». Et pour cause, «Il reste encore le petit [David] mais il fait paître le troupeau». La famille d'Isaï comptait donc huit garçons. Mais ne lisons-nous pas en 1 Chroniques 2 :13-15 : «Isaï engendra Eliab, son premier-né, Abinadab le second, Chimea le troisième, Netaneél le quatrième, Raddaï le cinquième, Otsem le sixième, David le septième». Etrange! En fait, ceci nous indiquerait que l'un des fils d'Isaï mourut sans descendance. Dès lors le mentionner n'avait aucune utilité. Il faut en effet savoir que la rédaction des Chroniques effectuées par Esdras se situe dans un cadre particulier : le roi de Perse  autorisa les Israéliens à rebâtir le temple et à exercer le culte. Il devint donc vital de disposer de données généalogiques fiables afin que la prêtrise n'échût point entre de «mauvaises mains». Mentionner le fils défunt d'Isaï ne présentait donc aucune utilité puisqu'il n'avait aucun descendant qui pût aspirer à la fonction sacerdotale.

 

La dernière attaque contre la Bible se plaît à voir en elle et tout particulièrement dans l'Ancien Testament un ensemble de fables et de mythes dépourvus de véritable fondement historique. Cette thèse –qui porte le nom de haute critique- connut un franc succès auXVIIIe et XIXe siècles sous l'impulsion notamment de Julius Wellhausen. C'était déjà passer sous silence la mention de dates précises dans la Bible qui contraste avec la coutume des mythes et fables à remonter à de vagues temps immémoriaux. En outre, les dernières découvertes historiques et archéologiques battent en brèche la thèse de la haute critique. Ainsi, la Bible fut longtemps la seule à faire état de personnages que les fouilles archéologiques n'ont découverts que bien plus tard : nous ne connûmes pendant longtemps le nom du dernier souverain de Babylone, Belchatsar, que par le livre de Daniel. De même la découverte d'une inscription à Césarée en 1961 témoigne de l'existence de Ponce Pilate alors même que certains la mettaient en doute.

 

Si nous nous trouvons en face de faits historiques, encore faut-il que leur narration soit objective. La Bible n'enjolive-t-elle pas les choses? N'accorde-t-elle pas le beau rôle à certains personnages à la façon des hagiographies? Examinons la façon dont la Bible traite ses héros. Elle relate leurs faits et gestes avec objectivité, ne passant guère sous silence leurs transgressions, leurs fautes, en dépit même de leur statut social. Le chapitre 11 de II Samuel ne dissimule rien de la conduite scandaleuse de David, roi d'Israël, qui commit l'adultère avec Bath-Chéba, femme d'Urie le Hittite, puis fit assassiner le mari et épousa la veuve. Bien plus tard, dans le Nouveau Testament, Paul en Galates 2 : 11, évoque avec franchise le désaccord qui l'opposa à Pierre : «Alors lorsque Céphas vint à Antioche, je lui résistai en face, parce qu'il était condamnable».

 

En définitive, notre Bible est un livre bien estimable en dépit des critiques qui l'assaillent. Toutefois, son authenticité, sa fiabilité et son objectivité suffisent-elles à fonder sa légitimité en matière de foi? Comment s'assurer que l'Eternel (YWVH) est à l'origine du message biblique?

 

 

LA BIBLE, PAROLE DE DIEU

 

Sur quel fondement asseoir notre foi en la Bible? Je ne proposerai point une réponse unique : chacun bâtit sa foi sur son expérience propre, sur des éléments à ce point personnels qu'il s'avère souvent impossible de les partager. Toutefois, je m'efforcerais de prouver rationnellement que la Bible est la parole de l'Eternel (YHWH). J'évoquerais deux types de preuve.

 

Certains évoquent les vérités scientifiques que contient le texte saint, vérités troublantes, il est vrai, compte tenu de l'ancienneté des écrits. Une telle connaissance des faits scientifiques, pensent-ils, ne pourrait avoir une origine purement humaine. Ainsi, le rapprochement des passages de Job 26 : 7 («Il étend le septentrion sur le vide. Il suspend la terre sur le néant») et d'Esaïe 40 : 22 («C'est lui qui habite au –dessus du cercle de la terre, dont les habitants sont comme des sauterelles») nous montre le globe terrestre suspendu dans l'espace.

 

De façon plus évidente encore, la Bible décrit le cycle de l'eau. L'eau des masses océaniques s'évapore puis, poussée par les vents, gagne les terres. Là, cette vapeur d'eau se condense et donne naissance à des précipitations sous diverses formes (pluie, neige, grêle). Celles-ci  s'infiltrent dans le sol, alimentant les nappe phréatiques, rejoignent les fleuves, et finalement retrouvent l'océan. Mais laissons la parole à Job (Job 36 :27;28) :»Il [Dieu] attire les gouttes d'eau qui s'évaporent et retombent en pluie; les nuages la laissent couler, ils la répandent sur la foule des humains». Puis à l'Ecclésiaste (Ecclésiaste 1:7) : «Tous les fleuves vont à la mer, et la mer n'est point remplie; vers le lieu où ils coulent, les fleuves continuent à couler». Et Esaïe (Esaïe 55:10) de conclure : «Comme la pluie et la neige descendent des cieux et n'y retournent pas sans avoir arrosé, fécondé la terre et fait germer les plantes, sans avoir donné de la semence au semeur et du pain à celui qui mange».

 

Notre étonnement s'accroît davantage quand nous lisons le extraits bibliques qui se rapportent aux montagnes en Psaumes 104 : 8 : «Des montagnes s'élevaient, des vallées s'abaissaient» ou en Jonas 2:7 «Je suis descendu jusqu'aux ancrages des montagnes». La Bible et Jonas devancent largement Wegener et sa théorie sur la tectonique des plaques!

 

La vérité scientifique témoigne-t-elle du caractère inspiré des propos bibliques? Certains répondent par l'affirmative. Pour ma part, je préfère faire preuve d'une prudence extrême. En effet, notre opinion sur l'évolution du savoir se base souvent sur le postulat suivant : l'homme au cours des siècles a accru son savoir passant d'un état proche de l'animal à notre société «scientifique» actuelle. Cette hypothèse nous empêche tout naturellement de comprendre comment furent bâties les pyramides et plus généralement nous rend inaccessible maints mystères archéologiques et historiques. A moins que nous ne fassions intervenir la transmission de techniques avancées par des êtres venues d'autres planètes…Je crois au contraire que par le passé, des civilisations atteignirent un niveau de développement inouï qui se perdit du fait de guerres, de cataclysmes naturels, forçant l'humanité à gravir à nouveau le chemin de la connaissance. Mais je pense surtout que nous devrions cesser de prendre l'homme du passé et aujourd'hui les peuples dit premiers pour des «demeurés» incapables d'observer et de comprendre les phénomènes naturels.

 

En outre, le secours de la science afin de prouver l'inspiration divine d'un texte pose un problème «théologique». De toutes les créatures spirituelles, Yahvé dispose-t-il du monopole de la connaissance scientifique? Imaginez un instant que vous êtes un pur esprit : l'observation des faits ne vous posera aucun problème : vous suivrez aisément le parcours de la goutte d'eau, vous descendrez aux racines des montagnes pour observer leur naissance et leur formation… De fait, le Diable lui-même  peut suggérer des vérités scientifiques, puis les fondre dans un discours prétendument d'origine divine afin d'abuser les humains…

 

Notre quête du sceau qui authentifiera la Bible se poursuit. Nous devons déceler en elle l'expression d'un attribut détenu par Dieu seul. Qu'est-ce que Dieu, qui est Dieu? Consignons nos idées qui se bousculent : Dieu est l'Eternel, Dieu est créateur, Dieu est tout-puissant. Il est amour, bonté, miséricorde…Un qualificatif me semble prometteur : tout-puissant. La toute puissance se manifeste sous divers modes. Deux d'entre eux nous intéressent plus particulièrement : le pouvoir de concrétiser ses volontés et l'omniscience. Au passage nous constatons que nul autre être vivant visible ou invisible ne dispose de ses deux qualités, sans quoi, justement il serait Dieu. Ces deux attributs que nous venons d'isoler se doivent donc d'apparaître dans le récit biblique, dans les passages qui voient Dieu annoncer les événements à venir, qu'il aura lui-même suscités ou pas. De tels passages portent le nom de prophéties. Furent-elles suivies d'effets, conformément à la parole d'Esaïe 55:10-11 : «Comme la pluie et la neige descendent des cieux et n'y retournent pas sans avoir arrosé, fécondé la terre et fait germer les plantes, sans avoir donné la semence au semeur et du pain à celui qui mange. Ainsi en est-il de ma parole [celle de YAHVÉ] qui sort de ma bouche : elle ne retourne pas à moi sans effet, sans avoir exécuté ma volonté et accompli avec succès ce pour quoi je l'ai envoyé «.

 

Attachons-nous aux prophéties d'Esaïe, de Jérémie et de Daniel. Tous trois anticipèrent largement les soubresauts politiques de la région. Vers le VIIIe siècle avant Jésus-Christ, Esaïe prédit à Ezéchias, roi de Juda (Esaïe 39 : 6) : «Voici que les jours viennent où l'on emportera à Babylone tout ce qui est dans ta maison et ce que tes pères ont amassé jusqu'à ce jour; il n'en restera rien, dit l'Eternel». Le prophète n'était-il qu'un fin observateur politique conscient de la puissance de Babylone? Certainement pas! car à l'époque du roi Ezéchias la véritable menace contre Juda était le royaume d'Assyrie à tel point que Dieu promit au souverain de Juda : «Je te [Ezéchias] délivrerai, ainsi que cette ville [Jérusalem], de l'emprise du roi d'Assyrie; je protégerai cette ville». Près de cent ans plus tard, en deux temps, se produisit la déportation annoncée par Esaïe : le roi Babylonien Neboukadnetsar dans une première invasion, s'empara du royaume de Juda en 597 avant Jésus Christ. Puis, en 587 avant Jésus Christ, afin de réprimer une révolte il prit Jérusalem et détruisit le temple. Les historiens confirment ces faits…

 

Babylone eut son heure de gloire, mais sa fin vint de la main des Perses en 539 avant Jésus Christ. Le même Esaïe l'avait déjà annoncé un siècle à l'avance, précisant même, chose surprenante, le nom du souverain perse, Cyrus : «Ainsi parle l'Eternel à son messie, à Cyrus, qu'il saisit par la main droite, pour terrasser les nations devant lui et pour déboucler la ceinture des rois, pour ouvrir devant lui les deux battants et que les portes ne soient plus fermées» (Esaïe 45 : 1). Jérémie, lui, vers 580 avant Jésus Christ, décrivit même longuement la chute de Babylone. Nous lisons notamment, au long des chapitres 50 et 51 du livre de Jérémie : «Sécheresse contre ses eaux, qu'elles tarissent « (Jérémie 50 : 38) et «Les guerriers de Babylone ont cessé de combattre, Ils sont restés dans les forteresses; leur vaillance est oubliée, ils sont devenus des femmes…» (Jérémie 51 : 30). L'historien Hérodote rapporte effectivement que les Perses détournèrent le cours de l'Euphrate, qui traversait Babylone, vers une sorte de marécage; le niveau du fleuve baissa et ainsi les soldats de Cyrus purent marcher dans son lit et investir la ville. Là, ils ne rencontrèrent aucune résistance majeure sans doute à cause des festivités qui égayaient la ville à en croire le même Hérodote.

 

Le prophète Daniel, en exil au VIe siècle à Babylone eut également en vision les principaux événements politiques à venir : «Le bélier que tu as vu et qui avait deux cornes, ce sont les rois de Mèdes et des Perses. Le bouc velu, c'est le roi de Yavân. La grande corne antre ses yeux, c'est le premier roi. Elle fut brisée et les quatre qui s'élevèrent à sa place sont quatre royaumes qui s'élèveront de cette nation, mais qui n'auront pas sa force»(Daniel 8:20-22). Nous retrouvons ici la succession des puissances : la Perse, puis l'éphémère empire d'Alexandre le Grand qui défit les Perses mais succomba du paludisme. Ses généraux se partagèrent effectivement son immense empire mais aucun ne parvint à égaler la puissance du jeune conquérant.

 

Une saine objection surgit. Ces textes ne furent-ils pas écrits après coup puis antidatés?  Examinons cette accusation appliquée à Daniel : les sceptiques avancent la date de 165 avant Jésus Christ à laquelle tous les événements s'étaient déjà réalisés. Cependant, le livre de Daniel figure dans la Septante dont la traduction remonte au IIIe siècle avant Jésus Christ. Par ailleurs, il contient une autre prophétie -sur laquelle nous reviendrons ultérieurement- en Daniel 9:25-26  qui, elle, se réalisa au premier siècle après Jésus Christ :  «Prends donc connaissance et comprends! Depuis la promulgation de la parole disant de rétablir et de reconstruire Jérusalem jusqu'au prince-messie, il y a sept semaines; et soixante-deux semaines, les places et les fossés seront rétablis et reconstruits, mais en des temps d'angoisse. Après les soixante-deux semaines, un messie sera retranché, et il n'aura personne pour lui. Le peuple d'un prince qui viendra détruira la ville et le sanctuaire, et sa fin arrivera comme par une inondation; il est résolu que les dévastations dureront jusqu'à la fin de la guerre». Daniel annonça donc la destruction du temple par les Romains en 70. Allons-nous dire que le texte a été écrit après cette date?

 

Parmi les prophéties les plus remarquables de la Bible, figurent également celles d'Ezéchiel et de Zacharie, qui annoncèrent la ruine de Tyr. A nouveau, leur parole surprend par son exactitude. Ezéchiel, vers 593 avant J-C, s'exclama : «A cause de cela, ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Me voici contre toi, Tyr! Je ferai monter contre toi des nations nombreuses, comme la mer fait monter les flots. Elles détruiront les murailles de Tyr, elles abattront ses tours, Et j'en raclerai la poussière; Je ferai d'elle un rocher nu. Elle sera dans la mer un lieu où l'on étendra les filets. Car c'est moi qui ai parlé, Oracle du Seigneur, l'Eternel, elle sera la proie des nations» (Ezéchiel 26:3-5). On remarque que cette prophétie indique que différents peuples assailleraient Tyr («des nations»). La première attaque vint des Babyloniens menés par leur roi Neboukadnetsar qui s'empara effectivement de la partie continentale de Tyr, la partie insulaire résistant victorieusement. En 332 avant Jésus Christ, Alexandre le Grand «acheva le travail» rasant la ville, partie insulaire comprise. A cette fin, il fit jeter les décombres de la partie continentale dans la mer, reliant l'île à la terre ferme. Ainsi se réalisait la parole de Zacharie (Zacharie 9:4) : «Voici que le Seigneur la [Tyr] dépossédera, il précipitera son rempart dans la mer, elle sera dévorée par le feu».

 

Le Nouveau Testament comporte également son lot de prophéties, la plupart de nature eschatologique et dont la réalisation est donc en cours ou à venir. Une prophétie néanmoins s'est déjà accomplie : celle concernant la mise à sac de Jérusalem, d'ailleurs prédite par Daniel comme nous l'avons vu précédemment. Jésus la renouvelle en Luc 19:43-44 : « Il viendra sur toi des jours où tes ennemis t'environneront de palissades, t'encercleront et te presseront de toutes parts; ils t'écraseront, toi et tes enfants au milieu de toi, et ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n'as pas connu le temps où tu as été visitée». Mais cet avertissement comportait un message d'espoir car Jésus indiqua la façon de survivre à cette tragédie meurtrière. «Lorsque vous verrez Jérusalem investie par les armées, sachez alors que la désolation est proche. Alors que ceux qui seront en Judée fuient dans les montagnes, que ceux qui sont au milieu de Jérusalem s'en retirent, et que ceux qui seront dans les campagnes n'entrent pas dans la ville» (Luc  21:20-21). Les Chrétiens suivirent ce conseil et, en 66, mettant à profit le retrait de l'armée romaine qui assiégeait la ville, s'enfuir de Jérusalem. Ce retrait demeure une énigme historique jusqu'à nos jours. Quatre ans plus tard, l'armée de César, conduite par Titus, revint et mena le siège jusqu'à sa fin.

 

En définitive, toutes ces prophéties illustrent bien le caractère inspiré de la Bible, véritable Parole de Dieu.

 

JESUS, MESSIE ET FILS DE DIEU

 

Parmi les promesses de l'Eternel réalisées à l'Homme, l'une d'elle revient tout au long de l'Ancien Testament : l'envoi d'un Messie. Ce terme d'origine hébraïque signifie Oint, à l'instar de son équivalent grec Christ. S'il est attribué également à Cyrus («Ainsi parle l'Eternel à son Messie Cyrus…» Esaïe 45;1), l'Oint étant celui qui avait reçu la consécration de Dieu en tant que roi, sacrificateur ou prophète, le Messie attendu devait racheter l'humanité du péché d'Adam et Eve. Tout l'Ancien Testament est rempli de la promesse de ce Messie, dont la première mention apparaît très tôt, dès  Genèse 3:15 où «l'Eternel Dieu dit au serpent […] : je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci t'écrasera la tête et tu lui écraseras le talon». Voilà une prophétie bien énigmatique mais néanmoins très riche de sens! Imaginez que suite à un accident vous perdiez votre talon : à force de volonté, avec une rééducation et  peut-être une prothèse, vous pourriez retrouver un usage quasi normal de votre jambe. En revanche, écrasez la tête d'un serpent et vous le tuez. Par cette prophétie, la première de la Bible, l'Eternel nous indiquait son intention dès l'expulsion du jardin d'Eden, de vaincre le Diable et le péché personnifié par le serpent. Certes, il ne niait pas la possibilité qu'aurait le mal de nous atteindre («écraseras le talon»); néanmoins il nous enseignait aussi que nous survivrions à ces attaques.

 

Cette défaite du mal viendrait par la venue du Messie que les différents auteurs de l'Ancien  Testament décrivirent. Nous disposons ainsi d'un faisceau inouï de prophéties, qui convergent toutes en Jésus. Mais laissons les Ecritures Hébraïques nous relater sa biographie avant l'heure!

 

Le Messie naîtrait d'une vierge : «Voici que la jeune fille -le terme hébreu désigne une jeune fille non mariée- est enceinte, elle enfantera un fils et lui donnera le nom d'Emmanuel» (Esaïe 7:14), dans la lignée de David : «L'Eternel a fait serment à David , en vérité c'est un de tes descendants que je mettrai sur ton trône» (Psaume 132:11) et dans la ville de Bethléem «Et toi Bethléhem Ephrata, toi qui es petite parmi les milliers de Juda, de toi sortira celui qui dominera sur Israël et dont l'origine remonte au lointain passé, aux jours d'éternité» (Michée 5;1).

 

La date du début du ministère de Jésus est même indiquée à travers la prophétie de Daniel (Daniel 9;25-26) : «Prends donc connaissance et comprends! Depuis la promulgation de la parole disant de rétablir et de reconstruire Jérusalem jusqu'au prince-messie, il y a sept semaines; et soixante-deux semaines, les places et les fossés seront rétablis et reconstruits, mais en des temps d'angoisse. Après les soixante-deux semaines, un messie sera retranché, et il n'aura personne pour lui. Le peuple d'un prince qui viendra détruira la ville et le sanctuaire, et sa fin arrivera comme par une inondation; il est résolu que les dévastations dureront jusqu'à la fin de la guerre».

 

Cette parole intervint peu après la première destruction du Temple du fait des Babyloniens. La prophétie donne comme point de départ la reconstruction de ce même temple. Celle-ci fut rendue possible  par l'Edit de Cyrus, roi des Perses qui autorisa, vers 455 avant Jésus Christ, l'ensemble des peuples de son empire à exercer librement leurs cultes respectifs. A partir de cette date, Daniel nous apprend que sept semaines et soixante-deux semaines soit en tout soixante-neuf semaines nous séparent du prince-messie. Mais avant cela, il faut savoir que les Hébreux comptaient en semaines d'années. Nous en trouvons une illustration dans le récit de la mésaventure qui survint à Jacob le lendemain de sa nuit de noces. Il pensait avoir épousé Rachel, conformément au contrat passé avec Laban. Après sept années de travail, ce dernier devait lui accorder la main de sa cadette. Mais au matin, Jacob réalise que son beau-père l’a trompé, le mariant avec Léa, l’aînée. Face aux protestations de son gendre, Laban propose : « Achève la semaine avec celle-ci [Léa] et nous te donnerons aussi l’autre pour le service que tu feras encore chez moi pendant sept autres années » (Genèse 29 :27). Il s’agit donc d’une semaine de sept années. Revenons à Daniel :  ces soixante neuf semaines équivalent dès lors à 69 fois 7 ans soit 483 ans. Ainsi, le Messie apparut 483 ans après 455 avant Jésus Christ, soit vers 29. Or Jésus débuta son ministère vers 30 ans!

 

Mais auparavant, la mission du Christ avait été préparée par la voix de Jean le Baptiste.» celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur rendez droit ses sentiers» (Matthieu 3:3 à mettre en parallèle avec Esaïe 40:3).

 

Le même Esaïe annonçait également les multiples miracles du Christ, que nul auparavant n'avait réalisé :»Alors s'ouvriront les yeux des aveugles, s'ouvriront les oreilles des sourds; alors le boiteux sautera comme un cerf, et la langue du muet triomphera…» (Esaïe 35:5-6).

 

Malgré ces signes, le Messie rencontrerait l'opposition («Les rois de la terre se dressent et les princes se liguent ensemble contre l'Eternel et contre son messie» Psaume 2:2) puis serait transpercé («Ils ont percé mes mains et mes pieds» Psaume 22:17), ses vêtements tirés au sort («Ils se partagent mes vêtements, ils tirent au sort ma tunique» Psaume 22:19). Mais finalement il ressusciterait : «Il verra une descendance  et prolongera ses jours» (Esaïe 53:10).

 

Il ne s'agit là que d'un petit échantillon des prophéties de l'Ancien Testament qui se sont réalisées en Jésus confirmant son titre de Christ. Leur nombre total doit bien atteindre une soixantaine!

 

Certes, Jésus est le Messie. Mais s'agit-il d'un homme comme tous les prophètes qui l'ont précédé ou possède-t-il une nature différente? On accuse les Chrétiens d'avoir divinisé Jésus à tort, impressionné par ses miracles et sa stature hors du commun. Les faits répondent d'eux-mêmes. A supposer que Dieu eût voulu envoyé un Messie purement humain, celui-ci serait-il né du sein d'une vierge? Cette naissance témoigne d'une double nature : l'une humaine par le biais de la Vierge Marie, l'autre spirituelle… Cette nature spirituelle n'est nullement angélique. L'Evangile nous apprend que Marie se trouva «enceinte par l'action de l'Esprit Saint» et non d'un ange (Matthieu 1:20) comme l'affirment les musulmans.

 

De surcroît, la nature divine est confirmée par Michée, prophète de l'Ancien Testament : «l'origine [du Messie] remonte au lointain passé, aux jours d'éternité» (Michée 5:1). Notons bien que l'existence du Christ ne remonte pas à sa naissance de la Vierge Marie, comme nous avons trop tendance à le croire, un peu trop focalisé sur la partie terrestre de l'existence du Christ! Le Christ remonte «aux jours d'éternité». Ceci nous prouve que Le Fils a part à la nature divine du Père. Sinon pourquoi Esaïe l'appellerait-il (Esaïe 9:5) «Admirable conseiller, Dieu Puissant, Père Eternel, Prince de la Paix». Et pourquoi Thomas s'exclama-t-il : «Mon Seigneur et Mon Dieu» (Jean 20:28). Quatre autres versets mentionnent de façon on ne peut plus explicite la pleine participation du Fils à la divinité du Père. Paul y procède à trois reprises : dans son Epître aux Romains, «le Christ, qui est au-dessus de toutes choses, Dieu béni éternellement.»(9:5), dans son Epître à Tite (2:13), «notre grand Dieu et Sauveur, le Christ-Jésus», et en Hébreux 1:8, «Mais au Fils il [Dieu] dit :Ton trône, ô Dieu est éternel». Pierre (I P 1:1) le rappelle à nouveau «par la justice de notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ». Sans oublier l'apôtre que Jésus aimait : «C'est lui [Jésus-Christ] le Dieu véritable et la vie éternelle.»(1 Jean 5:20)

 

Le terme de consubstantialité appliqué et au Père et au Fils est donc parfaitement justifié. Certains, néanmoins, estiment que certains passages de l'Evangile qui indiquent que l'infériorité du Fils par rapport au Père démentent cette consubstantialité. Ils citent notamment : Jean 14:28 «car le Père est plus grand que moi» ou Marc 13:32 «pour ce qui est du jour ou de l'heure, personne ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais le Père seul». Mais ils oublient que durant son séjour sur terre, le Fils disposa d'une nature humaine qui le rendit effectivement inférieur au Père. La lettre de Saint Paul aux Philippiens l'exprime parfaitement (Philippiens 2:6-9) : «lui dont la condition était celle de Dieu, il n'a pas estimé comme une proie à arracher d'être égal avec Dieu, mais il s'est dépouillé lui-même, en prenant la condition d'esclave, en devenant semblable aux hommes; après s'être trouvé dans la situation d'un homme, il s'est humilié lui-même en devenant obéissant jusqu'à la mort, la mort sur la croix. C'est pourquoi aussi Dieu l'a souverainement élevé et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom». Quel nom est au-dessus de tout nom si ce n'est celui de Dieu (YHVH)?

 

Le Symbole de Nicée prend tout son sens :

 

(JE CROIS) EN UN SEUL SEIGNEUR JESUS CHRIST, FILS UNIQUE DE DIEU, NE DU PERE AVANT TOUS LES SIECLES, LUMIERE DE LUMIERE, VRAI DIEU DE VRAI DIEU, ENGENDRE NON CREE, CONSUSBSTANTIEL AU PERE PAR QUI TOUT A ETE FAIT.

 

Il nous reste à comprendre la phrase suivante de notre profession de foi :

 

QUI POUR NOUS LES HOMMES, ET POUR NOTRE SALUT EST DESCENDU DES CIEUX, S'EST INCARNE DE L'ESPRIT SAINT ET DE LA VIERGE MARIE, ET S'EST FAIT HOMME. IL A ETE CRUCIFIE POUR NOUS SOUS PONCE PILATE A SOUFFERT ET A ETE ENSEVELI ET IL EST RESSUSCITE LE TROISEME JOUR SELON LES ECRITURES

 

Pourquoi le Christ devait-il mourir conformément aux prophéties? Le texte d'Esaïe 53:4-6 mérite d'être retranscris quasi intégralement en dépit de sa longueur :»Certes ce sont nos souffrances qu'il a portées, c'est de nos douleurs qu'il s'est chargé; et nous, nous l'avons considéré comme atteint d'une plaie; comme frappé par Dieu et humilié. Mais il était transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c'est par lui et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris». Ainsi, la souffrance et la mort de Jésus Christ rachètent nos fautes, nous apporte la paix, guéri nos meurtrissures… Un retour au Jardin d'Eden s'impose…

 

Adam et Eve furent créés parfaits –et donc immortels- par Dieu. Toutefois , ils firent le choix de se rebeller en suivant le conseil du Serpent (le Diable) de manger du fruit défendu. Ce péché originel se répercute sur toute l'humanité. En y succombant, le premier couple perdit sa perfection initiale et acquit une  tare. Celle-ci depuis, se transmet de génération en génération . Ses principales manifestations sont la mort  Mais tu ne mangeras pas de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras» Genèse 2:17) et le péché. «Voici : je suis né dans la faute, et ma mère m'a conçu dans le péché» déclare David en Psaume 51:7, montrant bien que nous sommes tous solidaires, dès notre naissance, de ce péché. Je comprends parfaitement qu'un tel propos puisse choquer : YAHVÉ ne fut-il pas bien pervers en mettant dans ce jardin cet arbre au fruit défendu? Nous paierions les conséquences d'un acte que nous n'avons pas commis! Comment affirmer qu'un nouveau-né est pécheur alors que son existence débute à peine? N'est-ce pas pure méchanceté de la part de Dieu?

 

J'y vois d'abord une certaine logique. Le respect de l'interdit institué en Eden devait attester de l'amour que l'homme vouait à son créateur, il ne s'agissait nullement d'un piège d'autant que YAHVÉ avait prononcé une mise en garde… Vient la question de la transmission du péché originel. Imaginez que vous dilapidiez vos biens. Vous ne léguerez à votre descendance qu'un héritage dérisoire. Si, par la suite, vos enfants, par une bonne gestion parviennent à rétablir le patrimoine familial, celui-ci sera malgré tout inférieur à ce qu'il aurait pu être si vous aviez administré vos biens avec sagesse. Il en est ainsi du péché originel. La tare acquise en Eden est telle que les efforts purement humains, aussi méritoires fussent-ils, ne suffisent pas à la compenser.

 

Certains –c’est le cas des Musulmans-, tout en admettant la faute commise par le premier couple humain, nient l’existence de cette tare. Ils soutiennent entre autre que Dieu a pardonné Adam. Toutefois, cette posture est illogique. A supposer que Dieu eût pardonné Adam, à supposer que le péché originel ne se transmît guère de génération en génération, Adam aurait dû réintégrer le Jardin d’Eden et nous autres, humains, ne devrions point vivre sur cette terre, condamnés à la souffrance, à la mort, mais naître également au paradis, avec comme nos premiers parents, la possibilité de manger ou non le fruit de l’arbre défendu.

 

Rassurons-nous! Dans cet épisode, se manifeste avant tout l'amour immense de Dieu. Il aurait bien pu détruire le premier couple, excédé, et recréer un nouvel Adam. Il n'en fit rien, soucieux de respecter la liberté de l'homme. En revanche, il prit ses dispositions pour nous guérir du péché originel (Genèse 3:15 déjà cité plus haut). Cela se traduisit par l'envoi du Messie et sa mort. A nouveau, ce propos peut scandaliser. L'Eternel ne pouvait-il pas simplement pardonner? Fallait-il que du sang soit versé? Dieu est bien cruel!

 

Pour comprendre ceci, il nous faut remarquer que le pardon n'a de valeur que si la personne qui a commis une faute grave, qui porte le péché, réalise un effort pour se libérer du mal. Dieu nous tend donc une perche, mais encore faut-il que nous la saisissions. Quelle est cette perche? Le sang du Christ. Dans la loi mosaïque, le sang des animaux était répandu sur l'autel en signe d'expiation pour les fautes commises. Mais ces sacrifices ne purifiaient pas entièrement du péché car les Israélites, chaque année, devaient répéter la cérémonie des expiations (« C'est ici pour vous une prescription perpétuelle; au septième mois, le 10 du mois; vous humilierez vos âmes, vous ne ferez aucun ouvrage, ni l'autochtone ni l'immigrant qui réside au milieu de vous. Car en ce jour on fera l'expiation pour vous, afin de vous purifier : vous serez purifiés de tous vos péchés devant l'Eternel »; Lévitique 16:29-30). 

 

Un sacrifice pouvait-il racheter définitivement le péché originel? Il eût fallu que le sang versé à cette fin fût d'une « valeur incomparable », bien au- delà de la vie des boucs et autres taureaux. Ce sang versé devait également remplir une seconde condition : être humain. Cette exigence répond au principe de la rançon, énoncé dans la loi mosaïque en Exode 21:23 (« une vie pour une vie ») : pour la vie parfaite d'Adam, une vie parfaite devait également être offerte. Mais quel humain en était encore capable? Aucun : tous portaient (et portent encore) le péché originel. En revanche, la vie du Christ présente deux caractéristiques : la perfection (absence de péché originel), fruit de sa nature divine et l'humanité héritée de la Vierge Marie. Seul le sacrifice de Christ peut donc racheter le péché originel. Il constitue bien la perche que Dieu nous tend. Comment la saisir? En ayant foi en ce sacrifice, foi dont le baptême est l'expression. Ainsi nous voilà purifiés du péché originel –non que nous retrouvions immédiatement la perfection initiale d'Adam et Eve-, mais la foi  en Christ et sa manifestation à travers les actes nous ouvrent les portes de la Vie Eternelle qui, elle, après la résurrection, sera exempte de tout mal et de tout défaut. Laissons Paul conclure dans son Epître au Romains : « Ainsi donc, comme par une seule faute la condamnation s'étend à tous les hommes, de même par un seul acte de justice, la justification qui donne la vie s'étend à tous les hommes «(Romains 5:18).

 

Pour compléter cette explication des dogmes à la lumière de la Bible, il nous reste à traiter du cas de l'Esprit Saint  « qui procède du Père, qui est adoré et glorifié avec le Père et le Fils, qui a parlé par les prophètes ». Certains affirment qu'il est la force agissante de Dieu et ne constitue en rien une personne. D'autres affirment qu'il est une personne mais ne dispose pas de la même nature que le Père et le Fils… Reportons-nous à I Corinthiens 6:19 : « Ne savez-vous pas ceci : votre corps est le temple du Saint Esprit qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu et vous n'êtes pas à vous-mêmes? ». Chacun conviendra que les temples accueillent le culte qui est rendu à des divinités. La phrase de Paul nous apprend que l'Esprit Saint fait l'objet d'un culte. Il ne peut donc être ni une force impersonnelle (car comment adorer une force?) ni un être créé (car nous n'adorons pas non plus les créatures mais Dieu seul). Parallèlement, nous décelons que l'Esprit procède du Père car s'il procédait du Père et du Fils, il serait également à ranger parmi les créatures. En effet, rappelons que le prologue de l'Evangile de Jean indique « Tout a été fait par elle[la Parole à savoir le Fils], et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle » (Jean 1:3).

 

Ainsi, la foi chrétienne reflète véritablement les paroles de la Bible, livre formant un tout cohérent en dépit de ses soixante-six livres écrits à des siècles d'intervalles. C'est là une preuve supplémentaire de son caractère inspiré.

 

 

MUHAMMAD, UN PROPHETE DE L'ETERNEL MALGRE TOUT?

 

Même si tel n'est pas leur but premier, les précédents chapitres nous donnent quelques indices nous permettant d'identifier les envoyés de l'Eternel. Des prophéties antérieures annoncent leur venue, eux-mêmes prédisent avec justesse les événements à venir, ils réalisent des miracles… Mettons un peu d'ordre dans tout cela afin d'apprendre à identifier la stature prophétique d'un homme.

 

Transportons-nous au premier siècle avant Jésus-Christ, en Judée. Un homme se prétend  prophète. Le croyez-vous d'emblée? Certainement pas. Vous lui demanderez des preuves. Notre homme, pour vous convaincre, peut vous montrer que d'autres prophètes avant lui ont annoncé sa venue. Il peut lui-même annoncer des événements à venir : leur non-réalisation dévoilera au grand jour son imposture. Il peut également réaliser des miracles. Néanmoins, vous considérerez ses miracles avec prudence et circonspection. Imaginez en effet que sa doctrine démente radicalement celle de ses prédécesseurs. Ces miracles vous apparaîtraient bien suspects et vous n'adhéreriez guère à son message…

 

L'ensemble de ses observations peut se résumer en deux règles simples qui nous permettent de distinguer un prophète d'un imposteur :

 

1° le prophète authentique dispose d'un témoin (autre que lui naturellement) qui dépose en sa faveur

 

2° le prophète authentique confirme le message que Dieu a envoyé aux hommes par le passé

 

Etudions le cas de Muhammad au regard de ces deux critères. Pour ce faire, je me baserai uniquement sur le texte du Coran, ignorant les hadiths bien qu'ils fassent autorité en Islam. En effet, de l'avis même des Musulmans, il s'avère difficile de distinguer les véritables hadiths de ceux forgés postérieurement de toute pièce. Par ailleurs, je pense que si Allah eût voulu transmettre un enseignement majeur, il l'eût intégré directement à sa parole, le Coran.

 

Partons donc à la recherche du témoin qui atteste du ministère des envoyés de Dieu. Il n'est autre que Dieu lui-même. Au Sinaï, l'Eternel se manifesta avec fracas devant Moïse sous le regard apeuré des Israélites («L'Eternel dit à Moïse : je viendrai vers toi au plus épais de la nuée, afin que le peuple entende quand je te parlerai, et qu'il ait aussi toujours confiance en toi» Exode 19:9). Jésus reçut également un témoignage direct de la  part du Père. Lors de son baptême, «une voix fit entendre des cieux ces paroles : celui-ci est mon fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection» (Matthieu 3:17). Lors de la Transfiguration, cette même voix résonna prononçant les mêmes mots (Matthieu 17;5). Enfin, peu avant la Passion, le Père «gronda» à nouveau : «Père glorifie ton nom : une voix vint alors du ciel : Je l'ai glorifié et je le glorifierai à nouveau» (Jean 12:28).

 

Mais traditionnellement, Dieu, dans son rôle de témoin, intervient de façon moins tonitruante, par égard sans doute pour notre sensibilité.  Aussi, que le Coran n'évoque pas une manifestation publique de Dieu en faveur de Muhammad ne pose-t-il pas problème. L'Eternel, semble-t-il, préfère user de prophéties. Nous avons vu précédemment toutes celles qui ont trait au Christ. En revanche, concernant Muhammad, nous n'en décelons aucune dans la Bible, livre dont nous avons démontré qu'il n'a subi aucune retouche. N'est-ce pas étrange pour le prophète censé clore le cycle de la Révélation? Certes, je ne crois pas non plus que nous trouverions dans la Bible une prophétie annonçant Esaïe, Jérémie, Daniel ou Ezéchiel. Néanmoins, nous ne revendiquons pas pour ces prophètes le même statut que les Musulmans attribuent à Muhammad. Par ailleurs, ces quatre hommes s'illustrèrent par la connaissance qu'ils eurent des événements à venir, comme nous l'avons vu précédemment.

 

Muhammad connut-il les événements à venir? Reportons-nous aux versets du Coran pourvus d'une valeur prophétique selon les commentateurs islamiques.

 

Ceux-ci citent la Sourate de la Lune (54) et son verset 45 : «  Le rassemblement sera bientôt défait, et ils tourneront le derrière » qui anticiperait la victoire remportée par les Musulmans sur leurs adversaires à la bataille de Badr. Mais continuons notre lecture : « L'Heure plutôt sera leur rendez-vous et l'Heure sera plus  terrible et plus amère. Les criminels sont certes dans l'égarement et la folie. Le jour où on les traînera dans le Feu sur leurs visages, (on leur dira) : « Goûtez du contact de Sakar! [la chaleur brûlante de l'Enfer] ». Le verset traite donc du Jugement dernier et non de cette bataille.

 

Ces mêmes commentateurs soutiennent que Muhammad eut également la vision du pèlerinage futur que les Musulmans effectueraient à la Mecque : «Allah a été véridique en la vision par laquelle Il annonça à Son messager en toute vérité :  vous entrerez dans la Sainte Mosquée, si Allah veut, en toute sécurité, ayant rasé vos têtes et coupé vos cheveux, sans aucune crainte. Il savait donc ce que vous ne saviez pas» (Sourate de la Victoire-48- verset 27). Pourtant, une prophétie est censée avoir un accomplissement certain. Or, celle-ci comporte une réserve de taille : «Si Allah veut», comme si le doute demeurait. La valeur prophétique de ce texte apparaît bien légère…

 

Le troisième extrait prophétique me semble davantage crédible. Nous lisons dans la Sourate des Romains (30:1-4) : « Les Romains ont été vaincus dans le pays voisin, et après leur défaite, ils seront vainqueurs dans quelques années, - à Allah le commandement, au début et à la fin, et ce jour-là les croyants se réjouiront.» Les Perses remportèrent effectivement une victoire éclatante contre les Byzantins (héritiers de l'Empire Romain) en 613. Toutefois, en 622, les Byzantins eurent leur revanche. Nous trouvons-nous en présence d'une prophétie? Peut-être. Mais comment nous assurer, comme pour les prophéties de la Bible, que celle-ci ne fut pas rédigée a posteriori? Nous ne disposons pour cela d'aucun manuscrit ou fragment antérieur à 622…

 

Ainsi donc, cette « pénurie prophétique », à l'opposé du texte biblique, ne permet point de décerner à Muhammad le titre d'Envoyé de Dieu. Une telle stature se déduit-elle de l'analyse du Coran?

 

 

LE CORAN, LIVRE DE DIEU?

 

Les Musulmans répondent sans hésiter par l'affirmative. Le Coran, retranscription fidèle de la parole de Dieu  ne contiendrait en conséquence ni erreur ni contradiction et constituerait à lui seul un miracle.

 

La véracité du Coran se manifesterait notamment dans le domaine scientifique. Cette affirmation continue de faire l'objet de nombreux ouvrages qui s'attachent à démontrer que  le livre saint de l'Islam présente une connaissance anticipée de vérités que la science n'a découvert que tardivement. Cette science coranique trouverait sa source en Dieu seul d'autant plus que Muhammad était analphabète. Arrêtons-nous un instant sur cet illettrisme supposé.  Peut-on croire la tradition qui affirme que le prophète de l'Islam ne savait ni lire ni écrire? Malgré son enfance difficile, il épousa en premières noces Khadîdja, une femme fort riche et fort instruite. Lui-même devint un commerçant prospère. Son négoce, très vraisemblablement devait le conduire  hors d'Arabie. J'ai peine à croire qu'un tel homme ne sache ni lire ni écrire De surcroît, dans la Sourate 96:1, l'ange Gabriel ne dit-il pas à Muhammad :» Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé…», alors que la sourate 17 :106 proclame : « [Nous avons fait descendre] un Coran que Nous avons fragmenté, pour que tu le lises lentement aux gens. Et Nous l'avons fait descendre graduellement.»

 

Penchons-nous à présent sur les miracles scientifiques. Le Coran décrirait avec justesse maints phénomènes :

 

-          le cycle de l'eau

-          les courants océaniques

-          le non-mélange des eaux salées et eaux douces

-          le développement embryonnaire et la reproduction humaine

-          la forme des montagnes qui possèdent une partie qui s'enfonce profondément

-          l'aplatissement des pôles de la Terre

-          la vitesse de la lumière

 

Et j'en passe…

 

Dans son livre déjà cité, le Docteur Campbell fait remarquer que la Bible, bien avant le Coran, n'ignorait rien de certains de ces phénomènes. C'est le cas du cycle de l'eau, des racines des montagnes dont il fut question au chapitre La Bible Parole de Dieu. Le Prophète Jonas évoque également les courants océaniques : « Tu [l'Eternel]m'as jeté dans un bas-fond au cœur des mers, et les courants d'eau m'ont environné » (Jonas 2:4). Ceci invalide lourdement la thèse de la connaissance anticipée.

 

Mais surtout, une partie de cette connaissance pose un réel problème car elle contredit incontestablement les découvertes scientifiques. Mais Monsieur Bucaille passe étrangement cela sous silence! Le Coran identifie ainsi les phases du développement de l'embryon dans la Sourate des Croyants (23 :12-14) : « Nous avons certes créé l'homme d'un extrait d'argile, puis Nous en fîmes une goutte de sperme, dans un reposoir solide. Ensuite, Nous avons fait du sperme une adhérence; et de l'adhérence Nous avons créé un embryon ; puis de cet embryon, Nous avons créé des os et Nous avons revêtu les os de chair. Ensuite Nous l'avons transformé en une toute autre création. » Le texte affirme  que la formation des os du fœtus précède celle de la chair, à savoir des muscles. Or, la science démontre que les muscles apparaissent avant les os… D'autres passages du Coran semblent également traduire des conceptions erronées à des lieues de la vérité scientifique. La sourate des Abeilles 16 :66 donne une bien curieuse origine au lait : « Il y a certes un enseignement pour vous dans les bestiaux : Nous vous abreuvons de ce qui est dans leurs ventres- [un produit] extrait du [mélange] des excréments [intestinaux] et du sang- du lait pur, délicieux pour les buveurs ». A ta santé, ami lecteur!

 

Que lit-on au sujet du ciel? « Si Nous voulions, Nous ferions que la terre les engloutisse ou que des morceaux du ciel tombent sur eux » (Sourate Saba-34- verset 9); « Peu s'en faut que les cieux ne s'entrouvrent à ces mots, que la terre ne se fende et que les montagnes ne s'écroulent » (sourate 19:90). Serait-ce là un héritage d'anciennes mythologies qui craignaient que le ciel, solide, ne tombe sur la tête? Rien de bien scientifique en tout cas…Ces quelques exemples, parmi bien d'autres, démentent donc la perfection absolue du Coran.

 

Examinons un autre argument plaidant en faveur de l'origine divine du Coran : l'absence absolue de contradictions… « contrairement à la Bible » ironisent souvent les Musulmans. Toutefois, je leur soumets ci après quelques divergences.

 

Nous lisons concernant l'annonce de la naissance de Jésus à Marie : «  [Rappelle-toi] quand les Anges dirent : « Ô Marie, voilà qu'Allah t'annonce une parole de Sa part : son nom sera «al-Masih» «Issa», fils de Marie, illustre ici-bas comme dans l'au-delà, et l'un des rapprochés d'Allah» » (Sourate 3:45). Mais aussi «Nous lui envoyâmes Notre Esprit (Gabriel), qui se présenta à elle sous la forme d'un homme parfait. Elle dit : «Je me réfugie contre toi auprès du Tout Miséricordieux. Si tu es pieux, [ne m'approches point]. Il dit : «Je suis en fait un Messager de ton Seigneur pour te faire don d'un fils pur.»  (Sourate 19:17-19). Finalement, combien d'anges annoncèrent cette naissance?

 

De même, combien de jours furent-ils nécessaires à Allah pour exterminer le peuple infidèle des Aad? Un seul comme l'affirme les versets 18 et 19 de la Sourate 54 : « Les Aad ont traité de menteur [leur messager]. Comment furent Mon châtiment et Mes avertissements ? Nous avons envoyé contre eux un vent violent et glacial, en un jour néfaste et interminable». Ou bien plus? «Nous déchaînâmes contre eux un vent violent et glacial en des jours néfastes, afin de leur faire goûter le châtiment de l'ignominie dans la vie présente. Le châtiment de l'au-delà cependant est plus ignominieux encore, et ils ne seront pas secourus.»(Sourate 41:16). Ou encore environ une semaine : « Et quant aux Aad, ils furent détruits par un vent mugissant et furieux qu' [Dieu] déchaîna contre eux pendant sept nuits et huit jours consécutifs; tu voyais alors les gens renversés par terre comme des souches de palmiers évidées. » (Sourate 69 : 6-7)

 

A dire vrai, ces contradictions me paraissent bien mineures. Je me suis plu à en citer quelques-unes unes, en réponse aux polémistes musulmans qui s'ingénient à pointer du doigt les «incohérences bibliques». Nous avons vu quel regard porter sur celles-ci : elles n'impliquent jamais de difficultés profondes quant au sens et à la cohérence de la Bible, parole de Yahvé. En revanche, dans le cas du coran, certaines contradictions soulèvent un véritable problème théologique. Ainsi, dans la Sourate 2:218, Allah apparaît comme un Dieu sensible à tout repentir sincère : « Certes, ceux qui ont cru, émigré et lutté dans le sentier d'Allah, ceux-là espèrent la miséricorde d'Allah. Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux.» Mais parallèlement, la sourate 66, au verset 8, apprend que le Pardon divin n'est pas automatique, y compris  pour ceux qui regrettent leur conduite passée : « Ô vous qui avez cru ! Repentez-vous à Allah d'un repentir sincère. Il se peut que votre Seigneur vous efface vos fautes». Où est donc l'assurance du salut qu'offre l'Islam? Dieu accorde-t-il son pardon systématiquement ou pas?

 

La sourate 29:27 mérite toute notre attention : «Nous lui donnâmes Isaac et Jacob, et plaçâmes dans sa descendance la prophétie et le Livre.»Ce texte affirme manifestement que la charge prophétique constitue le monopole exclusif des fils d'Israël; certaines traductions rendent même cela par la fonction de prophète. Il est par la suite confirmé en sourate 45:16 : «Nous avons effectivement apporté aux Enfants d'Israël le Livre, la sagesse et la prophétie, et leur avons attribué de bonnes choses, et les préférâmes aux autres humains». Ces deux versets contredisent l'ensemble du Coran. Ce dernier présente Muhammad comme un prophète alors même que lui-même ne revendique nullement une filiation hébraïque mais se prétend descendant d'Ismaël, lien de parenté, qui, d'ailleurs, ne s'appuie sur aucun autre témoignage.

 

Une autre contradiction majeure porte sur le destin du Christ. La religion musulmane professe qu'Allah l'éleva au ciel et lui substitua un autre homme qui, lui, fut crucifié («et à cause de leur parole : «nous avons vraiment tué le Christ, fils de Marie, le messager d'Allah»…Or, ils ne l'ont ni tué, ni crucifié, mais ce n'était qu'un faux semblant.»; Sourate 4:157).  Nonobstant, le verset 55 de la sourate la Famille d'Amram (3) évoque la mort de Jésus : «Je vais mettre fin à ta vie terrestre (également traduit par je te ferai mourir), t'élever vers Moi, te débarrasser de ceux qui n'ont pas cru et mettre jusqu'au jour de la Résurrection, ceux qui te suivent au-dessus de ceux qui ne croient pas». La contradiction se résout par des hadiths qui rapportent que Jésus reviendra et qu'alors il mourra puis ressuscitera. Une telle précision n'eût-elle pas mérité de figurer directement dans la révélation afin d'éviter toute confusion? Son absence signifie-t-elle qu'elle intervint après coup afin de rassurer des esprits troublés par cette contradiction?

 

Finalement, cette affaire Jésus donne une bien singulière image d'Allah… Pour sauver Jésus, il recourt au subterfuge de la substitution et abuse tous les hommes. Il s'agit là d'une singulière façon d'agir, proche du mensonge, comme si le Dieu tout-puissant n'eût pas été en mesure de se manifester au vu et au su de tous les hommes et de sauver Jésus. Par ailleurs, un sauvetage explicite aurait eu l’avantage d’empêcher la naissance de la croyance fausse (à en croire les Musulmans) en la crucifixion. Etrange que le Dieu Tout-Puissant, Omniscient, n’y ait guère pensé et ait choisi cette ruse peu noble et mensongère.  Allah cautionne à nouveau le mensonge en sourate 19:25-26 ordonnant à Marie qui vient d'enfanter, de s'alimenter mais de feindre le jeûne auprès des hommes («Secoue vers toi le tronc du palmier il fera tomber sur toi des dattes fraîches et mûres. Mange donc et bois et que ton œil se réjouisse ! Si tu vois quelqu'un d'entre les humains, dis : «Assurément, j'ai voué un jeûne au Tout Miséricordieux : je ne parlerai donc aujourd'hui à aucun être humain»). Le Dieu du Coran ne devrait-il pas être également le «Dieu de Vérité», titre accordé à l'Eternel (Psaume 31:6)?

 

Cela nous conduit à nous assurer que la doctrine de Muhammad ne contredise pas celle des prophètes dont lui-même se réclame. L'Eternel enseigne en effet en Deutéronome 13:2-5 : « S'il se lève au milieu de toi un prophète ou un visionnaire qui t'annonce un signe ou un prodige et qu'il y ait accomplissement du signe ou du prodige dont il t'a parlé en disant : Rallions-nous à d'autres dieux -des dieux que vous ne connaissez pas- et rendons-leur un culte! Tu n'écouteras pas les paroles de ce prophète ou de ce visionnaire, car c'est l'Eternel votre Dieu, qui vous met à l'épreuve pour savoir si vous aimez l'Eternel, votre Dieu, de tout votre cœur et de toute votre âme». Laissons ce texte guider notre réflexion! Connaissons-nous le dieu que nous décrit le Coran? Le reconnaissons-nous comme celui de la Bible?

Déjà, nous venons de noter un rapport au mensonge bien suspect. N'avions-nous pas remarqué auparavant que la Bible n'annonçait guère Muhammad? Puis nous avons constaté que le Coran ne portait pas les marques de perfection divine que lui attribuent ses défenseurs. Mais surtout, en matière de salut, nous mettons notre foi dans le rachat de nos péchés par le sang du Christ, dont le sacrifice perçait à travers les rites d'expiation de la loi mosaïque. L'islam dénie toute valeur à ce sacrifice… Dieu se contredirait-il?

 

Un autre élément porte sur le Nom Divin. Les manuscrits de l'Ancien Testament comportent une inscription, le Tétragramme, composé des lettres hébraïques : Yod Hé Vav Hé. Ce même tétragramme est présent dans maintes églises également. Dans la majorité de nos Bibles, ces quatre lettres sont rendues par Dieu, le Nom ou encore l'Eternel…Pour ma part, et le lecteur l'aura sans doute noté, j'utilise assez souvent les diverses transcriptions du Tétragramme (Yahvé, YHVH, YHWH…). En effet, le terme Dieu manque largement de clarté. En témoigne la réponse que fit Einstein à la question s'il croyait en Dieu : «Dites moi ce que vous entendez par Dieu et je vous répondrai».  En revanche, le Tétragramme est un nom propre, celui que le Dieu auquel nous croyons se donne à lui-même : «Voilà mon nom [l'Eternel ou YHWH] pour l'éternité, voilà comment je veux être invoqué de générations en générations» (Exode 3:15) ou «Je suis l'Eternel [YHWH dans l'original hébreu], c'est là mon nom» (Esaïe 42:8) Il est donc fondamental et ne saurait donc être oublié même si, hélas, bien de Chrétiens l'ignorent.

 

Or, à aucun moment le Coran ne reprend ce tétragramme pourtant clef. Pourtant, connaître le Nom d'une personne n'est-il pas la meilleure façon de l'identifier et de la distinguer d'autres individus? A aucun moment le Coran ne définit le terme Allah, probablement parce que l'auditoire de Muhammad savait pertinemment qui il désignait. Le mot Allah serait la contraction d'Al Ilah, qui, en arabe, signifie le Dieu. Petit problème, ce titre d'Al Ilah aurait été attribué à la déesse lunaire, divinité suprême parmi les 360 dieux entreposés dans la Kaaba qu'adoraient les Mecquois! Le Coran semble porter une trace de ce paganisme en sourate 74 :32 qui s’ouvre sur : « Je jure par la Lune… ».S’il prête serment sur la Lune, c’est que celle-ci possède à ses yeux une fonction sacrée, divine…ce qui corrobore l’hypothèse de l’origine païenne de l’Islam. Ce ne peut être le Créateur Allah, qui jure par une de ses créations, la Lune. Car depuis quand jure-t-on par quelque chose d’inférieur ? A moins bien sûr qu’Allah et la Lune ne fasse qu’un. Dès lors, Allah jurerait par la Lune à savoir par lui-même, ce qui redevient logique car rien n’étant supérieur à Allah, il ne peut jurer que par lui-même. D'ailleurs, à ce propos, le symbole de cette religion n'est-il point le croissant lunaire, que nous retrouvons également au sein de religions païennes moyen-orientales et qui figure aujourd’hui sur maints drapeaux de pays musulmans (Algérie, Turquie…)? L'Islam serait-il l'héritier de ces cultes polythéistes?

 

La question concernant d'éventuelles origines païennes doit être posée avec franchise. Il n'existe aucun témoignage, autre que celui des musulmans eux-mêmes, sur l'existence à la Mecque d'un culte rendu au vrai Dieu et institué par Abraham lui-même.  Muhammad fut le premier à le mentionner plus de 2600 ans après la mort du patriarche… Toutefois, nulle trace antérieure n'apparaît, que ce soit dans la Bible ou dans la tradition juive ou même dans l'Arabie pré-islamique! Et aujourd'hui encore, aucune preuve archéologique ne vient étayer cette croyance islamique. En revanche, Muhammad aurait-il tenté de concilier les doctrines païennes de la péninsule avec des éléments d'origine biblique en vue d'obtenir le ralliement des païens qui se reconnaîtraient dans leur dieu de toujours, la Déesse-Lune et celui des Juifs et des Chrétiens qui retrouveraient quelques éléments de leur propre doctrine? En définitive, faute de réponse certaine, une prudence extrême s'impose!

En effet, le culte de Yahvé ne se confond guère avec celui de l'astre lunaire. Certes, les Chrétiens arabes utilisent également le terme Allah. Simplement parce que Allah est devenu le terme arabe pour le mot Dieu. Il serait intéressant de découvrir quels mots usaient Chrétiens et Juifs d'Arabie contemporains de Muhammad.

 

En toute logique, une question surgit : «Avons-nous le même Dieu?» Au lecteur de tirer ses propres conclusions au vu de tout ce qui précède. Pour ma part, j'imagine difficilement un même Dieu dire  une chose et son contraire. Je sais combien je puis choquer par une telle supposition qui va à l'encontre des idées communément admises. Toutefois, ma position me paraît logique et pleine de bon sens. Imaginez deux personnes désignant un objet du même nom. Le premier le décrirait comme un disque rouge le second comme une pyramide verte. Parlent-elles du même objet? Mon opinion se situe également dans la lignée des nombreuses mises en garde que nous adresse la Bible. «Car il s'élèvera de faux Christs et de faux prophètes, ils opéreront de grands signes et des prodiges au point de séduire si possible même les élus» prévient Jésus en Matthieu 24;24. Paul en II Corinthiens 11:13-15 nous invite à la prudence : « Ces hommes-là sont de faux apôtres, des ouvriers trompeurs, déguisés en apôtres de Christ. Et ce n'est pas étonnant, car Satan lui-même se déguise en ange de lumière. Il n'est donc pas étrange que ses serviteurs aussi se déguisent en serviteurs de justice. Leur fin sera selon leurs œuvres».

 

QUELLE ATTITUDE ADOPTER FACE A L'ISLAM?

 

En définitive, les musulmans et nous professons des fois bien différentes. Prenons garde à ne point assimiler nos deux religions par paresse intellectuelle ou sous prétexte de rapprochement inter-religieux.

De cette façon, nous abâtardissons notre foi, sur laquelle repose notre certitude du salut. Un tel enjeu motive la gravité des propos que l'Esprit Saint inspira à Paul : «Mais si nous-mêmes, ou si un ange du ciel vous annonçait un évangile différent de celui que nous vous avons annoncé, qu'il soit anathème. Nous l'avons dit précédemment, et je le répète maintenant : si quelqu'un vous annonce un évangile différent de celui que vous avez reçu, qu'il soit anathème» (Galates 1:8-9). Jean renchérit : «Qui est le menteur, sinon celui qui nie que Jésus est le Christ? Celui-là est l'antichrist qui nie le Père et le Fils»(1 Jean 2:22). Chacun conviendra que Muhammad a prêché sous la dictée, disait-il, de l'ange Gabriel, un évangile différent, le coran, qui nie le Père et le Fils. Ces extraits se passent de plus longs commentaires…

 

Je ne voudrais point qu'il me fût fait un mauvais procès, que l'on me traitât de fasciste, d'extrémiste ou d'intolérant voire d’islamophobe. Loin de moi, toute idée de haine! Ce n'est point là le fruit de l'Esprit qui est amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur, maîtrise de soi (Galates 5:22-23). Par mon propos, je m'efforce simplement de remplir un devoir de vérité qui s'imposait en ces temps de confusion religieuse : à l'instar de l'Hindouisme, du Zoroastrisme –que sais-je encore- l'Islam est une religion incompatible avec le christianisme. Nous avons chacun notre dieu. Une prise de conscience des différences de croyance n'empêche nullement de nouer des liens d'amitié et d'estime à moins justement, que, jugeant que l'entente n'est possible qu'entre personnes semblables, on se plaise à taire les différences et à créer un syncrétisme de façade. A mon avis, la véritable intolérance est à rechercher dans ce type de comportement.

 

Mais plus encore, j'entends  rappeler aux Chrétiens –quel que soit leur statut- le devoir dont ils héritent par le baptême : demeurer dans la succession des apôtres et continuer de prêcher l'Evangile à tous et notamment aux Musulmans qui demeurent dans l'attente de la Bonne Nouvelle, ayant souvent du Christianisme une idée fausse, erronée, fondée sur des préjugés et des accusations mensongères.

 

«Allez, faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à garder tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde.»(Matthieu 28:19-20)

 

 

GLOSSAIRE

 

 

Dhimmitude : statut des minorités non musulmanes, chrétiennes et juives notamment en pays

D’Islam. Les dhimmi sont astreints à un impôt la dhimma mais dispensés de                service militaire. Certains présentent ce statut comme un modèle en matière de Droit de l’Homme. Il est vrai qu’à une époque comme le Moyen-Age, ce statut peut sembler progressiste. Néanmoins, même à cette époque, les minorités non musulmanes eurent à subir des persécutions. Aujourd’hui, un tel statut est tout simplement contraire au Droit de l’Homme car il consacre une discrimination fondée sur l’appartenance religieuse. Hélas, dans bien des pays musulmans, les citoyens non musulmans, chrétiens pour l’essentiel, demeurent des citoyens de seconde zone et  font l’objet de persécutions d’ampleurs diverses, les contraignant soit à l’exil soit à la conversion.

 

Nestorianisme : doctrine sur la nature du Christ opérant une distinction nette entre les natures   

                                  humaine et divine du Christ. Le nestorianisme fut jugé hérétique.

 

Monophysisme : doctrine sur la nature du Christ affirmant que Jésus possède une seule nature,

                                   divine. Le monophysisme fut également condamné pour hérésie.

 

 

Il convient de signaler que ces controverses christologiques entre Eglises sont aujourd’hui quasiment réglées. Elles avaient en effet pour origine, des désaccords sur les termes employés mais aussi parfois des causes politiques.

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

 

La Sainte Bible,  Nouvelle version Segond révisée, 2000

 

Le Saint Coran, révisé et édité par La Présidence Générale des Directions des Recherches Scientifiques Islamiques, de l'Ifta, de la Prédication et de l'Orientation religieuse

 

La Bible, le Coran et la Science, Maurice Bucaille, Seghers

 

La Bible et le Coran à la lumière de l’Histoire et de la Science, William F. Campbell, Editions Farel

 

 

 

 


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